Feb 6, 1997
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Quand l’Ouest était un océan… et Calgary une île (1994)

Quand l’Ouest était un océan… et Calgary une île.

Après un séjour de deux ans aux États-Unis l’auteur effectue un retour au Canada et le paysage politique qu’il retrouve est peuplé par les Ralph Klein et les Preston Manning. L’auteur se demande si les changements et l’assainissement des finances publiques finiront par assainir la société en général. « Quand l’Ouest était un océan… et Calgary une île » a été écrit en 1994 et, depuis, la pièce Ubu roi d’Alfred Jarry a célébré son centenaire.

 

Calgary, le quartier général du Parti Réformiste. Il est 6 heures du soir. Le temps est doux. Je vais marcher le long de la rivière Bow. Les pistes cyclables sont envahies par M. et Mme Performance. Ils sont jeunes, aérodynamiques, enveloppés dans du Spandex et du Velcro fluorescent. Ils courent, ils patinent, ils skient, ils pédalent, ils ont des casques, des genouillères, des gants et des montres approuvées et certifiées pour aller au fond des océans.  Toute cette activité me rappelle un livre de bandes dessinées de mon adolescence.  Sur la couverture il y a une île grouillante de crabes rouges. Il y a aussi un complexe sportif ultramoderne, vibrant avec une multitude de coureurs et de gymnastes. L’histoire est simple et familière. Un savant devient fou. Il se réfugie sur une île à l’écart du monde et là, dans la solitude, développe l’athlète de l’an 2000. Malheureusement ce développement a la tendance de rendre le cerveau de ces hommes et de ces femmes aussi mou et léger qu’un soufflé. Un de ces cobayes réalise le danger de l’expérience et avec sa compagne, l’héroïne, organise une résistance secrète. L’histoire se termine comme vous l’avez deviné. Le savant, après une lutte intense avec le héros, meurt sur la plage, dévoré par les crabes. Le héros et l’héroïne s’embrassent en regardant le soleil se coucher.

Il est 18 h 30. Le temps est encore doux. Nous nous esquivons les uns les autres avec succès. La piste cyclable longe la rivière et la Memorial Drive. Je bifurque à la gauche et emprunte l’escalier qui permet d’accéder au somment de la falaise. Le rythme est plus lent. C’est une montée ardue. L’escalier est muni de plates-formes où les usagers peuvent s’arrêter et souffler un peu ou tout simplement admirer la vue. À chaque niveau, il est intéressant de se retourner vers la piste cyclable et de voir combien la course est serrée. On se donne du coude, on fait sonner les clochettes des vélos, on siffle, on cri « À DROITE », « À GAUCHE ». Ces derniers avertissements visent les piétons, ces larves rampantes qui persistent à ralentir le flux incessant. Je grimpe plus haut et plus je grimpe, plus il fait calme. À la dernière marche sur Crecent Drive c’est le silence total. La vue est imprenable. La ville est à mes pieds, belle, facile et silencieuse. Le ciel est immense et beau comme seul un ciel de l’Ouest peut l’être. Il y a du mauve dans les nuages, du rose, du bleu, du blanc et les rocheuses sont assises à l’arrière-plan comme dans une peinture romantique.

Tout à coup voici un quartier cossu avec de jolis parcs et de petits chiens de race qui jappent quand les Jeep Cherokee ou les BMW passent. On joue au footbag et au Frisbee. Il est presque 7 heures. Cresent Drive longe la falaise qui entoure la ville, cette ville qui est le centre nerveux du Parti Réformiste et qui est aussi l’ancienne mairie de Ralph Klein. D’où je suis la ville ressemble non pas à un regroupement organique comme il se devrait, mais plutôt à une maquette, adaptable, réglable à volonté. C’est cette idée de société comme maquette, comme modèle réduit de décor de théâtre, qui m’a rappelé l’histoire du savant fou, de ses surhommes et de ces crabes rouges. Dans ma promenade tranquille, je commence à comprendre la solidité qu’on doit attribuer ici aux falaises qui surplombent la ville. Je comprends aussi la sécurité et l’insouciance peut-être, qu’il existe à spéculer sur le nouveau prototype de société qu’on est en train de créer. L’avènement du monde privé (privé comme dans privatiser) quand on a payé son hypothèque et d’autres possessions matérielles peut sans doute être envisagé sous un angle optimiste. Mais voilà, quel est ce monde privé et de quoi est-il fait ?

Calgary doit être la Biosphère numéro 3, après la planète Terre numéro 1, et après la Biosphère numéro 2 du Texas. Dans la nôtre, qui ressemble de plus en plus à celle de l’île aux crabes rouges, nous apprenons tous les jours à nous serrer la ceinture, comme on nous dit, à faire plus avec moins. Nous comprenons maintenant l’importance de toutes ces modes de conditionnement physique. Nous comprenons qu’un corps sain produira beaucoup et beaucoup plus longtemps. C’est une belle coïncidence avec la dégradation éventuelle du système de santé. Simultanément nous saisissons que notre monde nous glisse entre les doigts.

Il est 7 h 15 et le soleil descend tranquillement. Les ombres de la falaise ont déjà envahi ceux qui vivent dans le creux de l’escarpement et ce n’est pas compter ceux qui habitent dans les caves. Quant à moi je marche encore dans la lumière, dans ce quartier romantique, sur la route des réformistes.

Me voici à Calgary dans une société jeune, dynamique, agressive, gagnante et performante. Je ne peux m’empêcher de me demander si cette société sera aussi malléable que les fesses des coureurs dans leurs culottes de Spandex. Fera-t-on d’elle une chose qui pourra être contenue ? Est-ce que le gouvernement de l’Alberta conduit ses affaires comme une entreprise, comme on l’entend souvent, ou comme une compagnie de théâtre vaudeville ? Je dirais comme la seconde et j’ajouterai que la pièce qu’on présente tous les soirs est Ubu Roi d’Alfred Jarry. La mise en scène et le rôle principal sont tenus, naturellement, par l’honorable M. Ralph Klein. On a dit de cette pièce qu’elle était la synthèse absolue de tout drame historique. Voilà certainement quelque chose à quoi les Albertains peuvent s’identifier. Et qui plus est, cette pièce fut écrite par des adolescents de 15 ans, dont Jarry. Jeunes contrevenants du passé ? Dans moins de deux ans, le 10 décembre 1996, pour être plus exact, nous pourrons fêter le 100e anniversaire de la première représentation de la pièce.

Ubu Roi c’est l’histoire d’Ubu qui, poussé par l’ambition, tue le roi de Pologne et s’empare du trône. Il gouverne en dépit du bon sens. Il extermine les nobles, les magistrats et les financiers dans le seul but d’accroître ses richesses. Il se charge lui-même de collecter les impôts. Ubu le roi est finalement défait par le Czar et s’enfuit avec sa femme pour l’Espagne ou la France.

Il y a un lien je pense entre le savant de l’île aux crabes rouges, Ubu Roi et Ralph Klein. Claude Roy dans Description critiques, le commerce des classiques paru chez Gallimard en 1951 :

“Mais ce qui nous touche, en Ubu, c’est son inépuisable actualité, c’est-à-dire sa ressource active. De Hitler à MacArthur, le roi Ubu n’a pas fini encore, hélas, d’être prophétiquement ressemblant, d’être le prototype vengeur de toutes les citrouilles armées qui nous poussent ubuesquement à l’abattoir, après nous avoir décervelés… “

Voilà, il est 8 h 20. La marche s’étire. C’est maintenant le chemin du retour. Un homme est à genoux sur son gazon. Il plante des fleurs et nous nous souhaitons une bonne soirée. Les feuilles seront bientôt sur les arbres. Je vois en bas de la falaise ce que j’appelle « Candy Town ». Un nouveau développement qui inclut un YMCA, un cinéma IMAX, un marché alimentaire, un « authentique » café des années 1880 et un jongleur. Les couleurs sont criardes, l’architecture laisse à désirer comme souvent l’est l’architecture post-moderne et le jongleur semble triste. Je vois bien quelques personnes là-bas, mais elles sont si petites d’ici. On dirait un tableau de Chirico. Une ville où la bombe neutron fut utilisée. Exit à la vie sans endommager cette sacro-sainte propriété privée. Petit monde où les places publiques sont privées.

Je retourne chez moi en pensant au Père Ubu maintenant. J’accepte que le Roi Ralph soit beaucoup Ubu. Physiquement ils ont beaucoup en commun. La corpulence des représentations originales qu’Alfred Jarry nous a données du Père Ubu ressemble étrangement au Roi de l’Alberta. Moralement ils semblent compatibles. La dernière secousse ici, le dernier drame de ce qui n’est encore que le premier acte de cette pièce est sans contredit l’arrogant défi qu’il a lancé aux juges de la cour provinciale. À savoir qu’ils sont des employés provinciaux et à ce titre doivent suivre les directives du cabinet. Klein note qu’il n’est question que de réductions de salaire. Les juges et les criminels sont d’accord pour ensemble s’inquiéter. Notre bon roi n’en veut démordre. Ses conseillers, dans ce qui apparaît comme une vaine tentative, lui ont suggéré de nuancer ses propos. Une crise constitutionnelle gronde à l’horizon, l’indépendance judiciaire est en jeu, lit-on dans les journaux. J’entends résonner ici la voix du Père Ubu :

PÈRE UBU
Je vais d’abord réformer la justice, après quoi nous procéderons aux finances.

PLUSIEURS MAGISTRATS
Nous nous opposons à tout changement.

PÈRE UBU
Merdre. D’abord les magistrats ne seront plus payés.

Que cette crise se règle c’est à n’en pas douter. Dans quelques jours, quelques semaines. Ce qui est inquiétant c’est d’avoir comme roi quelqu’un qui n’hésite pas à s’attaquer aux fondations mêmes d’une société. L’Alberta vogue peut-être vers une cote de crédit triple A, mais est-ce que le prix à payer sera d’accepter froidement l’existence humaine comme étant une ressource naturelle au même titre que la forêt ou le gaz.

Nous ne savons pas encore qui est le Czar dans notre histoire. Ce que nous savons toutefois c’est que le Roi Ralph ne s’enfuira pas en Espagne et surtout pas en France.

Il est 21 h et je descends des hauteurs, par un autre escalier. Je m’enveloppe dans la nuit qui vient, dans le merveilleux royaume de l’Alberta.

 

 

 

Daniel Dugas
Calgary, printemps 1994

Texte publié dans le magazine Satellite, #1 février 1997 p. 18-19

 

Nov 1, 1996
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Le bruit des choses (1996)

Le bruit des choses
Collection Poésie
Les Éditions Perce-Neige (Nouveau-Brunswick) Canada
158 pages 1996
ISBN-10: 2920221574

 

commencer à être

C’est un monde de Bétacam
et la main que je serre
est une main Nitendo
Les lumières de signalisation
sont d’inlassables testaments
du monde instable

C’est un effet électronique
un électrogramme de ma spiritualité
Je remets mon engagement
dans les mains des “bands”
du nouveau monde
Leurs mélodies deviennent
les minutes les plus longues de ma vie

Jun 11, 1996
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Tintamarre (1996)

• Galerie de l’Université de Moncton, Moncton, NB

May 6, 1996
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TRUNK© gallery (1996-1999)

• Eastern Edge, Gold / Rush, (TRUNK©), Contemporary Visual Festival, St-John’s, NF
• Hamilton Artist Inc.,Gold / Rush, (TRUNK©) Hamilton, ON
• Itinérant / Mobile, Moncton, Notre-Dame, Sackville, NB, 1996-1997

Historic:

TRUNK© was created in October of 1996 by Daniel Dugas and Valerie LeBlanc. At that time we were just coming back into the Maritimes from living in the US and in Alberta for 7 years. We found ourselves in a time period where we had no place to show our work and instead of waiting out that long period between the application and the opening night, we made our own art centre. We drove our 1981 RCMP blue Citation around, opening the trunk for the interested and the curious. The TRUNK© contained a new art installation each month. The slogan for TRUNK© was the very apropos exhibitions near you ™. We also wanted to develop a new audience, and the experience was fascinating; many of our viewers never went inside an art gallery, but they enjoyed the space that we had created. The reaction was immediate and overwhelmingly positive. Newpapers and television stations started to talk about the TRUNK© which became a collective with the addition of Luc Charette. In just a few months, we were talking to Peter Gzowski on CBC radio, coast to coast.

 

 

 

Opening the TRUNK© to Release the 9 to 5
by Valerie LeBlanc

MIX magazine 25.3 Winter 1999/2000

At the hinge of the millenium, it is somewhat incredible to observe that the main cogwheels of the working world still turn from 9-5. In all of the planning sessions and working hours that have passed since humans began walking on the planet, the expression ‘flex hours’ still implies being on duty from dawn to dusk. The current status of progress is to work the standard number of required hours, with the option to start anywhere between 7:15 and 8:30, that’s a.m.

In the early decades of the post-World War 2 period, an age-old slogan from previous industrial revolutions was touted: ‘ Machines Will Set You Free.’ The birth of the across-the-board consultant era came in the 1990’s. This time, the promise of freedom to work your own hours was flaunted. Currently, with the polarization of high end and low end employment, the common schedule has blurred into an endless on-call hotline. Yet the buzz of commuter trains, buses, cars and SUV’s is still heard from 9 to 5.

That being stated, it seems that no one gets any real time off these days, unless they are out of work. Add in the stress factor of figuring out ‘what’s up next but the street,’ and that time off comes close to full mental taxation. A quick scan of current mass media advertising and entertainment reveals a neat interweaving of the things which were once discernable: the public and the private; the worktime and the downtime. In essence that old 9 to 5 has moved into the home environment, pushing to make a blur of all downtime. There is no world except the Brave New Working World.

Starting out in life, I saw the warning signs. I saw the cards stacking up and yet I jumped into an artistic career. I chose my path and dug in. For years I thought that it was a choice. Then I came to realize that the trap was set for me before I started. With tongue in cheek I write, I am an artist and there is no escaping from it after a certain point. I long ago coined the phrase ‘Art is Two Full Time Jobs. ‘ So all of that business about observing the structure of the workforce while being submerged in it, is, in essence, a pile of baloney. When I get home from work, I ‘go to work’ on whatever art projects I have on the go at the time. Artists continue to beat the same paths. The rewarding part is that as an individual, you can have control over a few choices.

As an interdisciplinary artist, I have trained, tried and continue to call up many forms of expression in the usual course of creation. Leads come to me as ideas, images or feelings. They trigger interest and stick in my mind, as I start to compile and to formulate scraps of information. Once aroused, artistic interest does not always fit conveniently into the time patterns marked out by the physical world, especially when constrained by the business of bill paying. The seeds of art making arrive during those pragmatic moments when I am locked in the 9 to 5, under stressful circumstances, during pauses, dreams, and when I submerge myself into personal ‘thinktank’ sessions. When the moment is not convenient to pursue the train of thought, I jot down a few key words, or I make some sketches to later remind me of where things were going.

When I get a chance, I pull out these scraps and start to build on them. Usually it is a long and convoluted process. Understandably, it is a solitary path. At best, at the end of a year or two of progress, I can look forward to an exhibition which will last for three weeks. If I am really lucky, I might garner Andy Wharhol’s “ten minutes of fame” during a review. A bit of publicity, and that is the best case scenario. A drop in the bucket, and then its back to the studio drawing board, and the cycle begins again. Yes, the point is that I love my life and that is why I continue to hack through this jungle with such ferocity.

And while hacking, I got on the kick of raising the visibility and honour of the working world. More specifically, I tried to offer some recognition to people ‘in general’ for their efforts to tame the overpowering ‘WORKING MACHINE'; the same beast to which the majority of human beings are enslaved. Well HA! – and good luck! One thing that has changed in the past few years is that I have learned to listen more carefully to the advice of the non-secular faction. I used to ravage through projects like an island. I worked a lot of things out of my system, so to speak. In spite of what family and friends, even professional advisors told me, I continued to believe in the value of raising the concept of the everyday. My work was marinated in the 9 to 5. Then, I came to embrace the concept which was flashing in neon around each corner: NO ONE WANTS TO BE REMINDED OF THE WORKING WORLD. It is exactly the other, the special event, that which stands out from the everyday that people want to experience.

The significance of stating this very basic revelation is that I have started to have fun giving people what they want. It is not the kind of project that I sweat over the most, and it does not take exaggerated amounts of time to produce. What is this snake oil? It is the TRUNK© Gallery. And it is not a lonely venture, it is a community at large. It is a kind of working vacation.

This summer Daniel Dugas and myself took a break from the 9 to 5 when we travelled to exhibit the TRUNK© – GOLD / RUSH project in Hamilton, Ontario and in Saint John’s, Newfoundland. The Hamilton Artists Inc. invited us to present as the sixth element in its year long Perpetual Crisis Series. For GOLD, Daniel Dugas asked the Centre’s members to gather recycled glass before he arrived in town. He broke the glass, piled it up in the trunk of the car, and lit it with amber lights. He then invited people to “handle the gold.” He offered a pair of heavy leather welder’s gloves for protection. Most viewers took advantage of the chance to get closer to ‘his wealth’. My RUSH exhibit involved a circulating champagne fountain filled with water and lit with coloured lights. That was the lure, along with an instrumental version of Three Coins in a Fountain. When I was able to draw people closer, I interviewed them about water memories and vacations. The second stage of the projects was to tour Dugas’ GOLD around the city, parking at randomly chosen, busy corners. Because we were scheduled into the Royal Bank Aquafest of Music, we also set up on the midway of the festival. Amid the carnival rides, gambling wheels, food kiosks and curio boutiques, we parked the borrowed 1986 Cutlass Supreme Oldsmobile and opened the TRUNK©. For this second stage of the project, Dugas’ shared his wealth and I played back a sound bites of story samples mixed with the song track. The reaction was very positive. The ‘normally curious’ warmed up right away to the TRUNK©, and the ‘normally sceptic’ dug in to ask all of the questions you can imagine. As artists we had a lot of fun talking to people and embracing their curiosity. We shared laughter and tears with people drawn to this ‘in your face’ encounter.

In St. John’s, Newfoundland, we were part Eastern Edge Gallery’s first Contemporary Visual Festival. By inviting a variety of ‘out of the gallery’ artistic ventures, Eastern Edge was specifically challenging the artist and viewer to re-contextualize the parameters of what is included in the dialogue of ‘ART.’ Daniel Dugas repeated the GOLD show, RUSH was changed to suit the new location. Because Newfoundland was celebrating fifty years in the Canadian Confederation, I placed a few time pieces in the TRUNK© as visuals. The questions I asked were related to the concept of whether time equals money, and if people got enough time off, enough time for themselves. I played the mix back from a loud speaker unit on top of the car while driving around the city.

The TRUNK© GOLD / RUSH was similar for each of these summer venues but the locations of Hamilton and St. John’s provided completely different experiences. Again, in St. John’s there were the instantly curious, and the initially sceptic, and we always found people to be surprised at the public encounter. From the artists’ perspective, it was a chance to see and to talk to dozens of people that would normally avoid art exhibits. It tested our reactions to the sometimes astonished passerbys. It also offered the chance for two short working vacations this summer. We managed to escape the 9 to 5 grind of trying to make ends meet during those two TRUNK© excursions. It was inspiring and refreshing enough to carry us through until ‘so-far’, the late fall.

Now that I have finally been able to embrace the concept of the ‘other’, which people want, need, and will appreciate, I am truly able to create from real life. This fast paced form of artmaking which touches on installation and performance demands that the artist work ‘on the fly’ with the reactions of the chance audience. The artist must catch the interest of the passerby and reach into that person’s take on being stopped in the street. The artist has to be offering something better than a confrontation sales pitch to successfully draw someone from their pursuit of happiness. One man in St. John’s broke into my ‘speel’ to ask what the TRUNK© was about. Initially, his tone was confrontational. After explaining it to him in detail he began to get interested, finally he he added the comment, “So it is a sort of ‘think-trunk’.” I took it as a big compliment and felt that he offered me the gift of ‘interpreting what I was doing there and throwing it back to me’.

As an interdisciplinary artist, I use my skills to explore the limits of artistic creation. I create to clarify my take on the world, and to communicate my findings. Consequently, my body of work passes through a series of recurring cycles in both intent and physical appearance. The whole of it makes up who I am and what I do. The TRUNK© Gallery enables me to work as ‘animator’, presenting an installation scenario for contemplation. The passerby becomes the audience and I ‘work the crowd’ in the fashion of the food demonstrator in a grocery store. I give people something to think about, and I work to exchange a few laughs. A good time is passed on without obligation. The TRUNK© Gallery requires and enables me to synthesize a full gamut of skills and techniques to realize my aim to communicate.

When artists step out of the Gallery, art transforms itself to fit into the skin of the contemporary commedia dell’arte. The Canada Council is currently wrangling it under the title of Inter-Arts, does that mean that it is almost a household product?

– Valerie LeBlanc November 11, 1999.

Mar 6, 1996
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Produit brut, produit net (1996)

• Galerie Sans Nom, Moncton, NB, Janvier 1996

Produit brut, produit net is a poetry-performance in three parts and was presented at the Galerie Sans Nom January 11, 1996.

Lis-moi l’avenir
lis-moi l’avenir du libre marchéet du “UNDERPASS OF THE INFORMATION HIGHWAY”
lis entre les lignes du slogan de Microsoft”
Where do you want to go today?”
dans les mosaiques de Pompei
dans la musique de Sousa

C’est l’histoire
L’étrangerMusic: Colonel Boges March by Kenneth J. Alford
AlbertMusic: British Grenadier by Thomas Arne
SueMusic: March of the Toys by Victor Herbert

Je vois
(500 channels / Hollow spirits)Music: The Washington Post March by John Phillip Sousa

je vois une chorégraphie
où des femmes en bikinis
et des hommes torses nu
dansent sur le même rythme

“DO YOU WANT TO GET FUNKY WITH ME?”
Technical assistance: Valerie LeBlancThanks to : The Canada Council for the Arts, La Galerie Sans Nom, Marc Arseneault, Marc Cyr, L’AEA, and Claude Léger

May 7, 1994
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Acadia Woods (1994)

Statement
In 1844 when Samuel Morse sent the first telegram in the United States, he breathed life into communication technology. That first message between Washington and Baltimore read, “What hath God wrought.”

A few years later, Henry David Thoreau wrote in Walden: …We are in great haste to construct a magnetic telegraph from Main to Texas; but Main and Texas it may be, have nothing important to communicate. …

In the sound track of Acadia Woods, we have extracted portions of actual telephone conversations between family and friends. Through these everyday conversation, distances become lessened; the separations created through time and space shrink. Under these circumstances, the mundane crosses over into the profound.

The re-creation of telephone lines with tin cans (the sound track plays inside headphones installed in the cans) is an attempt to relocate the technology in its context of a tool, second in nature to communication.

Valerie LeBlanc and Daniel Dugas
Calgary, AB


Excerpt form Broad Casting for reels (1996)

The tape Acadia Woods 1995 was also designed as an audio work complete in itself. It is a patchwork of stories and sounds with the Acadian anthem ‘Ave Marie Stella’ running throughout. Portions of long distance telephone conversations between family and friends change speed with the different energy levels of the people talking and according to their concerns. Seasons and the passage of time are indicated in the conversations and sound effects. Everyday philosophies take on added significance through the link of the telephone, which is sometimes the only way to really feel out what is happening at a distance.


This audio portion of the project was realized at the Banff Centre through a grant from Chameleon Arts Society, Calgary, AB (Spring 1994)

Two versions of the project were realized:
Acadia Woods (east), CMARTS – exposition – retrospective, August 12 – August 21, 1994 (using the telephone pole installation format)

Acadia Wood (west), Muttart Public Art Gallery, during the exhibition ‘Impact of Technology’, January 2 – February 4, 1995 (using a shuffleboard-style high end table)

The project was also broadcast, presented at the following venues:
1994 Acadia Wood, CKUA – Radio Network, Edmonton, AB
1996 Broad Casting for reels 007, CKDU FM, Centre for Art Tapes Halifax, NS
1998 AUDIO / VIDEO, GAUM, Moncton, NB


Wood, tin cans, sound track48 in. h. X 20 in. w. X 96 in. d.

May 6, 1993
admin

Transitory (1993)

• The School of the Art Institute of Chicago, MFA Show, Chicago, IL, 1993

May 6, 1993
admin

In Transit (1993)

• EMMEDIA, Calgary, AB, 1993
• The School of the Art Institute of Chicago, MFA Show, Chicago, IL, 1993

In Transit offer a collection of daily life passages in ten parts. The visuals draw a wide range of locations. Gathered in cities, nature settings, carnival, various modes of public and private transport, they are sometimes ironically set to the voiceovers. The texts are observations and reactions presented in either a poetic or blunt manner. Amidst this travelogue of the times is a desire to weigh situations and to make decisions based on individual needs and directions in life.

NTSC Colour 24:30min
Valerie LeBlanc and Daniel Dugas -Limit(E) Productions

May 6, 1993
admin

Outils sociaux (1993)



• Auction at Sculpture Space, Utica, NY 1993
L’installation comprends 11 maillets en bois teinté rouge ou jaune.  Sur chaque maillet est gravé un mot idée: Temps, Space, Money, Loi, Duty, Riot, Assez, Rêve et Identité. Exploration de l’ambivalence et du contraste qui existe entre le concept de l’outil et le concept de l’arme, de la construction et la destruction.

Chaque maillet: 12 in h. X 5 in. w. X 5 in. d. tuge métallique: 30 in. h.

Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel H. Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Everglades, coécrit avec Valerie LeBlanc, vient de paraître aux Éditions Prise de parole.

Daniel H. Dugas is a poet, musician, and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico and Australia. His tenth book of poetry, co-written with Valerie LeBlanc, Everglades has just been published by Les Éditions Prise de parole.

Everglades
À partir de leur exploration du parc national des Everglades, Daniel H. Dugas et Valerie LeBlanc cartographient dans cet essai poétique les effets de la présence humaine sur le milieu naturel, les traces qu’elle y dépose. Everglades est une ode à la beauté, à la fragilité et à la résilience d’une nature aux prises avec une espèce envahissante, la nôtre.

Everglades
Through their exploration of the Everglades National Park, Daniel H. Dugas and Valerie LeBlanc document, in this poetic collection, the effects of human presence in the natural world and the traces left behind. Everglades is an ode to the beauty, the fragility and the resilience of nature faced with the invasiveness of a particular species, ours.

Date : Mars 2018
Genre : Poésie
Collection : Poésie
ISBN : 9782897441029
Français/English

Éditions Prise de parole

http://www.prisedeparole.ca/auteurs/?id=1148

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