Dec 30, 2015
admin

Les coups de cœur culturels (2015)

Bien content que mon dernier livre fasse partie des coups de cœur culturels 2015 de Sylvie Mousseau !

L’esprit du temps de Daniel H. Dugas

Poète, artiste en art médiatique et musicien, Daniel H Dugas est arrivé à la fin de l’année 2015, avec un ouvrage littéraire assez original qui allie textes poétiques, photographies et essais. Se situant entre le récit de voyage et la poésie, l’auteur de Moncton a écrit ce livre dans un café lors d’une résidence d’écrivain à Sydney en Australie. Il a utilisé des cartes d’échantillon de couleurs offertes par les compagnies de peinture, en plus de photographier des paysages, des objets et des scènes de la vie. Avec une pointe d’ironie, ce livre magnifique qui nous permet de voyager à travers la ville australienne a attiré mon attention notamment à cause du côté ludique de l’entreprise. Certains poèmes et images m’ont particulièrement touchée. Je pense, entre autres, au texte intitulé Une heure que l’on retrouve au début du recueil.

Les coups de cœur culturels 2015 de… Sylvie Mousseau
lundi 28 décembre 2015

 

Dec 29, 2015
admin

Des ravins au bout des lèvres – compte rendu (2015)

Voix plurielles 12.2 (2015)

Dugas, Daniel H. Des ravins au bout des lèvres. Sudbury : Prise de parole, 2014. 127 p.

Des ravins au bout des lèvres est un délice d’essai poétique qui débute – « La mémoire est un sentier / dans la forêt magique » (« La mémoire ») – sur un ton qui rappelle les forêts de symboles dans «Correspondances» de Charles Baudelaire. Mais nous commencerons de préférence par la fin, à savoir la quarantaine de pages réservées aux notes, à la bibliographie et à l’index. Les notes fournissent la genèse de l’ouvrage et renseignent l’originalité de la démarche de l’auteur dans un langage qui craque de précision. Des références à divers systèmes classificatoires à l’analyse des connotations du terme « trou » jusqu’aux techniques du judo et à Jorge Luis Borges, en passant par les sagas nordiques et les astéroïdes, elles établissent l’étonnante intertextualité du recueil de même que l’intérêt de l’auteur pour l’intermédialité et un impressionnant foisonnement de connaissances en littérature, critique, musique et culture populaire. L’index, un poème en soi, forme une litanie musicale ou encore un registre d’expressions à méditer et à réassembler, un peu, mais de taille réduite, comme dans Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau. Plus encore, il invente de nouvelles logiques d’organisation. Au lieu de limiter l’index aux noms communs et propres, Daniel Dugas inclut parfois déterminants et autres particules dans sa classification avec pour effet de créer de très jolies associations, par exemple dans « les alcôves du cœur 36 / les algorithmes des civilisations 38 / les baigneuses de Fragonard 81 / les bribes échappées 61 » ou « à la dérive du sens 23 / à ciel ouvert 21 / à genoux devant l’inconnu 85 / à la limite de la bibliothèque 67 ».

N’oublions pas non plus les photographies insérées comme des lamelles au cours des pages (en particulier, deux images du célèbre Valley of the Shadow of Death, 1855, de Roger Fenton). Véritables grisailles, elles semblent échapper hors de la page qui leur sert de cadre. Elles s’interprètent à souhait et mettent en doute le réel dont elles sont pourtant la preuve. Dans tous les cas, elles ne s’épuisent pas et aiguillonnent l’imagination. Laquelle est sollicitée à chaque nouveau poème. L’attrait du vide y est le maitre du jeu ; il préside à l’assemblage des mots et, parfois, à une absurdité touchante, atrocement humaine. Comment ne pas penser à Plume, personnage de Henri Michaux, à la lecture de vers tels que « Le premier tombe / sans faire de bruit / sans se faire mal / râle sans respirer / rampe sans avancer » (« Visages méconnaissables ») ? Du néant il reste les mots, toujours les mots, le papier, l’écriture, la pensée : « Un vers des livres / glisse sous le frontispice / de la maison-mère / Ses mandibules arquées / lacèrent les secrets de l’humanité » (« In-octavo »).

Essai poétique ? Art poétique ? Textes et images ? Poésie ? Peu importe comment les lecteurs choisiront de désigner Des ravins au bout des lèvres, l’ouvrage de Dugas offre un grand plaisir de lecture quand « Un petit vent / fait lever quelques pages / arrache quelques mots inutiles / les emporte vers les berges / de la rivière imaginée / à la limite de la bibliothèque » (« 000 (le long du roman-fleuve) »).

Catherine Parayre, Université Brock
Vol. 12, No 2 (2015)

Dec 21, 2015
admin

Rapport résidence d’écrivain (2015)

La résidence d’écrivain au Département d’études françaises de l’Université de Moncton m’a permis de travailler sur mon projet « Formats », où l’architecture des formats d’images du cinéma et de la vidéo est utilisée comme outil de création. J’ai concentré la plus grande partie de mon travail d’écriture poétique à l’exploration de deux formats populaires : le format écran large (16/9) et le format historique de la télévision (4/3). De plus, j’ai eu l’occasion de participer à une série de rencontres avec la population universitaire.

Voici en résumé le retour sur ce qui a été réalisé.

Jeudi de la Librairie
La Librairie acadienne et le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact (GRICC) de la Faculté des arts et des sciences sociales m’ont invité au premier Jeudi de la Librairie de la saison 2015-2016, qui a eu lieu le 5 novembre à la Librairie acadienne du Campus de l’Université de Moncton de 16 h 30 à 18 h. Nicolas Nicaise, chargé de cours et doctorant au Département d’études françaises, animait la rencontre. Après la présentation j’ai fait la lecture de quelques textes.

Conférence + lancement
Le Département d’études françaises m’invitait à prononcer une conférence publique intitulée : « La poésie et la galère de notre temps ». La conférence a eu lieu le jeudi 3 décembre 2015 à 16 h, à la Librairie Acadienne, pavillon Taillon et a été suivi du lancement de mon nouveau livre intitulé L’Esprit du temps / The Spirit of the Time.

Résumé du livre
L’esprit du temps / The Spirit of the Time est un projet d’écriture sur la couleur. Le poète et essayiste utilise les cartes des échantillons de couleurs disponibles dans le commerce — les nuanciers de Benjamin Moore, Ralph Lauren, Behr, Earthpaint, Taubmans et d’autres — comme éléments de base pour créer une géopoésie de la ville de Sydney, en Australie.

Si la couleur est un élément de joie et de surprise, les noms inventés par les compagnies de peinture deviennent soudainement une surprise dans une surprise. En effet, que peut-on dire d’une société qui baptise ses couleurs de noms aussi évocateurs que Mur d’école, Étincelle d’amour ou Croûte de biscuit Graham? Quelque part, ces nouvelles appellations sont des reflets culturels, des images-miroirs de notre société. Elles expriment ce que nous sommes, maintenant, le Zeitgeist : l’esprit du temps.[1]

Citations gratuites
Le projet « Citations gratuites » était un jeu d’écriture basé sur le hasard qui a eu lieu à la Pavillon des Arts ainsi qu’à la Bibliothèque Champlain. (Le 26 novembre 2015 de 14 h à 15 h au Pavillon des Arts et le 10 décembre 2015 de 14 h à 16 h à l’entrée de la Bibliothèque Champlain). Les étudiants étaient invités dans un premier temps à choisir au hasard un de mes neuf livres de poésie. Ils devaient ensuite choisir une page du livre et finalement une strophe de cette page. L’extrait était retranscrit sur une carte de visite que je donnais à l’étudiant en lui suggérant de bien garder le papier dans son portefeuille comme un gage de succès pour la période des examens. Cet évènement-performance a eu lieu à deux reprises et m’a permis de rencontrer une centaine de personnes. Les strophes sélectionnées ont été utilisées pour reconstruire de nouveaux textes qui seront publiés sur mon blogue plus tard cette année.

Présentation – Le texte poétique
Le 16 novembre 2015
Le professeur Maurice Raymond m’a invité à faire une présentation dans la classe « LITT2403 – Le texte poétique ». La présentation, d’une heure et quart, était axée sur les rapports texte/image de mon livre « L’Esprit du temps / The Spirit of the Time ». J’ai lu des extraits du livre en plus de proposer une série de vidéo poèmes.

Addenda
Lors de ma résidence, deux évènements poétiques se sont ajoutés au calendrier.

Le 28 septembre 2015, je participais au spectacle « L’Acadie n’est pas une carte postale ». Cet hommage à Gérald Leblanc était présenté dans le cadre du Festival international de littérature à Montréal. Geneviève D’Ortun disait de ma présentation dans le webzine ASTHEURE : « La contribution originale de Daniel Dugas dans cet amalgame poétique vient quant à elle des montages audio-vidéo très réussis qui accompagnent ses lectures: les associations d’images proposées frappent l’imaginaire du public et fournissent à ses textes une nouvelle profondeur. »[2]

Enfin, le 12 décembre 2015, je participais au « 43 200 secondes » le marathon littéraire de la revue Ancrages.

Je remercie le Conseil des Arts du Nouveau-Brunswick et l’Université de Moncton pour cette opportunité.

Daniel H. Dugas
Le 1er février 2016

[1] Édition Prise de parole : L’esprit du temps / The Spirit of the Time http://www.prisedeparole.ca/titres-livre/?id=519
[2] Des voix de l’Acadie actuelle à l’Acadie n’est pas une carte postale : une décennie de mouvance poétique marquée par l’héritage de Gérald Leblanc – Geneviève D’Ortun : http://astheure.com/2015/11/27/des-voix-de-lacadie-actuelle-a-lacadie-nest-pas-une-carte-postale-une-decennie-de-mouvance-poetique-marquee-par-lheritage-de-gerald-leblanc-genevieve-d/

 

Dec 7, 2015
admin

43 200 secondes (2015)

43200sec-wpLa revue acadienne de création littéraire Ancrages vous invite à l’événement littéraire 43 200 secondes, véritable marathon de lecture, qui aura lieu le samedi 12 décembre dans la Salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen à Moncton de midi à minuit.

À une époque où l’on glorifie la rapidité, la brièveté, la vitesse, bref la seconde, Ancrages a cherché à donner aux auteur.e.s et au public quarante-trois mille deux cents secondes durant, le luxe du temps.
Tributaire des longues nuits de poésie des années soixante-dix ou encore du mouvement « Slow », l’événement propose au public de venir écouter douze auteures et auteurs disposant chacun de 3 600 secondes pour vous faire la lecture d’une œuvre.

midi à 13 h Dyane Léger
13 h à 14 h Martin Roy
14 h à 15 h Jonathan Roy
15 h à 16 h Martine Jacquot
16 h à 17 h Rose Després
17 h à 18 h Herménégilde Chiasson
18 h à 19 h Guy Arsenault
19 h à 20 h Mélanie Léger
20 h à 21 h Jean Babineau
21 h à 22 h Sarah Marylou Brideau
22 h à 23 h Paul Bossé
23h à 24 h Daniel H. Dugas

L’entrée est libre en tout temps (les contributions volontaires seront acceptées). Le bar ouvre à 17h. Le Centre culturel Aberdeen est situé au 140, rue Botsford à Moncton.

La revue Ancrages remercie : l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, le Conseil des arts du Canada et Patrimoine Canada par l’entremise de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français, ainsi que le Festival international du cinéma francophone en Acadie.

www.ancrages.ca

Dec 3, 2015
admin

Conférence/lancement (2015)

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Le Département d’études françaises de l’Université de Moncton vous invite à une conférence publique prononcée par Daniel H. Dugas, écrivain en résidence.

La conférence est intitulée «La poésie et la galère de notre temps», et aura lieu le jeudi 3 décembre 2015 à 16 h, à la Librairie Acadienne.

Le lancement de mon nouveau livre «L’esprit du temps / The Spirit of the Time» suivra la conférence et une réception suivra le lancement!

Pour plus d’informations : (506) 858-4050

Au plaisir de vous rencontrer!

http://www.umoncton.ca/nouvelles/info.php?id=17426#.VmHM1rTb_KA

Nov 24, 2015
admin

Citations gratuites (2015)

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Flash-back
Alors que j’étais en résidence au Banff Center au début des années 1990, je me souviens d’avoir vu, dans un quartier Calgary, une enseigne qui disait FREE QUOTES. Après une année d’intensité créatrice, c’est la vie tout entière qui m’apparaissait comme un immense projet artistique. J’ai tout de suite pensé qu’il s’agissait de « citations gratuites ». Que les passants pouvaient, s’ils le voulaient, aller consulter le propriétaire de cet incroyable business pour se faire lire une citation d’un auteur ou d’un philosophe. En fait, l’enseigne appartenait à une compagnie d’assurance et les FREE QUOTES étaient en réalité des soumissions gratuites.

Retour au présent.
Dans le cadre de ma résidence d’écrivain à l’Université de Moncton, je me propose de réexaminer cette idée d’échange poétique. Je vais donc installer mon kiosque (une table et une enseigne avec les initiales ER – pas pour Emergency room ni pour Elizabeth Rex, mais plutôt pour Écrivain en Résidence) et inviter la population universitaire à venir me rencontrer et découvrir au hasard une phrase d’un de mes livres.

Le dialogue de ce petit jeu oulipien pourrait aller comme ça :

Moi (un peu comme un vendeur de hot-dogs dans un stade de baseball)
Est-ce que vous voulez une phrase gratuite?

Étudiant
(curieux)
Oui.

Moi
Choisissez un numéro de 1 à 8 (les 8 livres de poésie que j’ai publiés à ce jour)

Étudiant
7 (l’étudiant a choisi « Au large des objets perdus », 2011)

Moi
Choisissez maintenant une page de 1 à 86.

Étudiant
37

Moi
(je vais  donc à la page 37, compte les strophes et demande à l’étudiant)
Choisissez un numéro de 1 à 5

Étudiant
3

Moi
Voici votre phrase :

« la lumière entre
dans la caverne de mes pensées
les lanternes et les torches
dans les tunnels du sens »

Je retranscris la strophe sur une carte de visite que je donne à l’étudiant en lui suggérant de bien garder le papier dans son portefeuille comme un gage de succès pour la période des examens. J’en profite aussi pour annoncer ma conférence et le lancement de mon livre qui aura lieu le 3 décembre 2015.

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Pour plus d’information
Téléphone : (506) 858-4050

 

Oct 19, 2015
admin

Querelles de famille (2015)

(Entre le mérite artistique et la situation financière, il ne faut pas y mettre le doigt.)

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D’après l’Agence du revenu du Canada, le mérite artistique désigne la qualité d’une exposition artistique, d’une présentation de spectacle ou d’une prestation [1]. Le Conseil des arts du Canada — comme tous les conseils des arts provinciaux — privilégie la méthode de l’évaluation par les pairs tout en notant que « si cette méthode n’est pas parfaite elle reste la meilleure pour cerner les habiletés exceptionnelles et le mérite artistique dans le domaine des arts » [2]. Le Conseil des arts du Canada parle même de la primauté du mérite artistique [3]. C’est là un des piliers fondamentaux dans l’octroi des subventions.

Mais qu’est-ce que le mérite artistique sinon la matérialisation d’un talent artistique? Le talent, on le rappelle, est une aptitude, une capacité particulière, une habileté, naturelle ou acquise, pour réussir en société et dans une activité donnée [4]. La concrétisation quant à elle, c’est rendre concret ce qui est abstrait et demande toujours une certaine aisance financière. Le talent est depuis toujours rattaché à l’argent, c’est une mesure de la richesse. Chez les Grecques et les Romains, il était une unité de poids pour mesurer justement l’or et l’argent.

Dans tous les conseils des arts, il y a une autre règle d’or : la situation financière d’un candidat n’est pas un critère pertinent [5]. C’est-à-dire qu’il ne faut pas en tenir compte de la situation financière d’un artiste pour poser un jugement. Qu’il soit pauvre ou riche, c’est le mérite artistique qui compte. Mais comment départager le mérite artistique avec la situation financière d’un artiste? Est-il possible de faire la part des choses, de voir l’un en ignorant l’autre? Comme il est difficile de dire que la pauvreté n’est pas un obstacle à la bonne santé, à un régime alimentaire nutritif, à l’éducation, etc., il est difficile de dire que l’aisance financière n’affecte pas, de façon positive, le parcours d’un individu.

Nous vivons dans une époque de progrès et de technologie où de plus en plus d’artistes utilisent des dispositifs techniques sophistiqués qui sont de plus en plus coûteux. Cette séparation, du mérite artistique et de l’état financier, pourrait être relativement facile dans le cas d’un artiste qui n’utiliserait que le crayon et le papier, mais cet exercice pourrait s’avérer un peu plus difficile dans le cas d’un artiste qui créerait des installations interactives, ou des œuvres vidéo en format 4k UHD ou encore 8k UHD [6]. Est-ce qu’un vidéaste vivant sous le seuil de la pauvreté et qui utiliserait une caméra SD [7] pourrait rivaliser avec un vidéaste qui filmerait en format 8k? On pourrait dire que le premier est un amateur et que le second est un professionnel, que le premier amorce sa carrière et que le deuxième est au sommet de celle-ci. Mais disons que les deux sont au même niveau. On pourrait alors dire que c’est l’idée, le concept qui importe, que la qualité de l’œuvre n’a rien à voir avec ce qui la porte. C’est vrai, mais il est également vrai que la qualité d’une œuvre visuelle est jugée par son apparence. L’œuvre ne sera pas vue de la même manière, c’est évident. On ne compare pas la miniature avec le monumental.

Si nous devons nous abstenir de tenir compte de la situation financière d’un artiste, il faudrait que les artistes limitent le type de matériel d’appui qu’ils doivent soumettre pour soutenir leurs demandes au strict minimum, c’est-à-dire que les exemples d’œuvres antérieures ainsi que l’œuvre proposée devraient être contenus que dans de simples descriptions. Si nous voulions vraiment considérer toute chose comme égale, sans les distorsions de la situation financière, c’est de cette façon que nous devrions nous y prendre. Mais il serait absurde d’évaluer des projets visuels en étudiant que des documents textuels. La solution est pragmatique, la réalité l’impose : le mérite artistique et la situation financière sont intimement liés; les deux sont essentiels pour mesurer et calibrer l’excellence. Continuer à ignorer la réalité, c’est perpétuer la discrimination socio-économique qui s’est, au fil des ans, institutionnalisée presque à notre insu.

Le mérite artistique existe parce qu’il est rendu possible par un appui financier. Le talent est la source, mais l’argent est toujours l’outil qui lui permet de s’épanouir. Si le projet de création demeure pour certains une entreprise possible, il est pour d’autres une aventure presque impossible. Malheureusement, comme la parabole des talents le soulignait « on donne à celui ou celle qui a. Les autres pourront se faire jeter dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents [8]. »

Daniel H. Dugas
19 octobre 2015

[1] Agence du revenu du Canada, Activités artistiques et enregistrement à titre d’organisme de bienfaisance, http://www.cra-arc.gc.ca/chrts-gvng/chrts/plcy/cgd/rts-ctvts-fra.html

[2] Conseil des arts du Canada, L’évaluation par les pairs au Conseil des arts du Canada : comment sont prises les decisions, http://conseildesarts.ca/conseil/subventions/evaluation-par-les-pairs

[3] Conseil des arts du Canada, Document d’information : Révision des programmes de subventions de fonctionnement du Conseil des arts du Canada, http://conseildesarts.ca/~/media/files/council%20-%20fr/francais_review_ogp_finale.pdf p. 5

[4] Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Talent, http://www.cnrtl.fr/definition/talent

[5] Le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, Lignes directrices pour le jury / Programmes de Création et Documentation, 1250E-Guidelines to the Jury. (Document interne)

[6] Office québécois de la langue française, 2014. Ultra-haute définition. Haute définition qui correspond à un affichage constitué de 2160 ou de 4320 lignes horizontales composées respectivement de 3840 et de 7680 pixels. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26528997

[7] Office québécois de la langue française, 2014. Définition standard, Définition des images analogiques et numériques qui correspond généralement à un affichage de moins de 720 lignes horizontales de pixels.  http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26529060

[8] Wikipédia, Parabole des talents, https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents

 

Oct 7, 2015
admin

Liaisons and The Last Man on Earth (2015)

I was shocked to see the Season 2 Premiere of The Last Man on Earth (Is There Anybody Out There?). In one of the scenes at the White House we see two statues, one of Benjamin Franklin the other of Abraham Lincoln, banging their heads together as if they were kissing.

I did a video entitled LIAISONS (2011) about a love triangle between Dante, Marie-Antoinette and Sirène. To say the truth the The Last Man on Earth scene looks very similar to my video.

Liaisons (2011)
Clip The Last Man on Earth (Is There Anybody Out There?) (2015)
The Last Man of Earth review

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Sep 24, 2015
admin

Notes de terrain – São Paulo (2015)

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J’ai eu l’occasion de me rendre à São Paulo en compagnie de Valerie LeBlanc où nous présentions au festival FILE 2015 une vidéo issue de notre projet FLOW : BIG WATERS. Ce voyage a été une occasion de rencontres et de réflexion. Voici deux événements, deux moments qui m’ont marqué.

L’heure de Brasilia : nous ne sommes pas seuls
L’heure de l’Atlantique donne souvent l’impression d’être isolé du monde. Sur la carte des fuseaux horaires de l’Amérique du Nord, les provinces maritimes semblent être à l’écart, et ce même si plusieurs îles des Caraïbes font partie de cette zone. Cette isolation n’est pas néfaste en soi, elle a contribué à définir le caractère unique des habitants de la région. Comme on le dit : There are good times, there are bad times and there are the Maritimes.

Lorsque je suis arrivé à São Paulo, je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait pas de décalage horaire. Au Brésil, l’heure de l’Atlantique porte un autre nom, c’est l’heure de Brasilia. Tout à coup, je sentais l’énergie humaine de toute la ville battre à l’unisson avec les Maritimes. Nous n’étions plus seuls. Nous nous levions à la même heure, nous mangions en même temps, l’heure de pointe était la même dans les deux zones. Nous et la métropole de l’Amérique latine.

Il faudrait toutefois préciser que notre cohabitation n’est pas une condition permanente : nous vivons dans la même zone du mois de mars au mois d’octobre. Lorsque l’heure de l’Atlantique bascule de l’heure d’été à l’heure d’hiver et que l’heure de Brasilia fait la même chose, mais inversement, notre synchronisme euphorique, cesse. Mais rien n’est perdu, comme l’état de l’Amazonas n’observe pas l’heure d’été nous pouvons continuer de rêver en nous rattachant cette fois à Manaus et au temps immuable de l’heure de l’Amazone.

Réalité virtuelle vs réalité actuelle : nous sommes seuls
São Paulo est une grande ville. Une ville Big Bang qui s’étend de tout côté. Le soleil plombe sur l’avenue Paulista, l’air est rempli d’odeur subtile. La musique émane d’un peu partout. Une motocyclette passe, un homme appuyé contre une balustrade écoute une partie de football sur son petit transistor. Il sourit. Les ondes radio nous enveloppent.

São Paulo, la ville sans publicité, est recouverte de graffitis, d’alphabets inconnus, de jets d’encre explosifs. Il n’y a pas de Ralph Lauren, pas d’images de BMW, seulement une succession de tags mystérieux. Une tête verte aux yeux argentés nous regarde.

Les musées et les galeries d’art semblent être bondés en permanence. Les files d’attente s’étirent comme des rubans d’ADN. L’exposition FILE 2015 ne fait pas exception. Le public est au rendez-vous. L’œuvre qu’on retrouve sur la couverture du catalogue porte le nom de SWING, une installation immersive où les spectateurs sont invités à utiliser une balançoire pour découvrir un monde nouveau. L’opératrice, une bénévole, invite les spectateurs à s’asseoir en s’assurant que les lunettes stéréoscopiques sont bien en place. Elle met en marche l’application chronomètre de son iPhone (chaque spectateur a droit à deux minutes) et retourne s’asseoir sur sa chaise. Comme j’attends mon tour pour aller me balancer, j’observe autant ceux qui sont sur la planche que l’opératrice. Pendant que les secondes du chrono disparaissaient, elle est occupée à échanger avec ses amis sur Facebook. Elle envoie des messages textos de façon endiablée jusqu’à ce qu’un petit son de cloche la ramène au devoir. Elle se lève et s’occupe du transfert de spectateurs.

Il y avait quelque chose d’étrange, de la voir et de nous voir vivre des choses si différentes. Nous (dans le monde 3D de l’impossible futur) et elle (dans le quotidien de ses échanges). Il était impossible de savoir si nos trajectoires allaient se croiser ou si nous allions rester seuls dans chacune de nos bulles.

*

 

 

 

 

 

 

 

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Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Son neuvième recueil de poésie L’esprit du temps / The Spirit of the Time vient de paraître aux Éditions Prise de parole.

Daniel Dugas is a poet, musician and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico and Australia. His ninth book of poetry: L’esprit du temps / The Spirit of the Time has just been published by Les Éditions Prise de parole.

Daniel Dugas es poeta, músico y videocreador. Ha participado en exposiciones individuales y colectivas, festivals y eventos literarios en Norteamérica, Europa, México y Australia. Acaba de publicar su noveno poemario, L’esprit du temps / The spirit of time (Les Editions Prise de parole).

L’esprit du temps / The Spirit of the Time est un projet de transmutation du paysage publicitaire en paysage poétique. Ce livre est à la fois un livre de photographie, un recueil de poésie et un essai lucide mais ludique sur notre société matérialiste. Il a été produit en numérique et imprimé en quantité limitée.

Date : Décembre 2015
Genre : Poésie
Collection : Poésie
ISBN : 9782894239629

Éditions Prise de parole

http://www.prisedeparole.ca/auteurs/?id=148

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