Oct 10, 2019
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Maintenant qu’on a bien marché (2019)

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Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose.
Nietzsche

Maintenant qu’on a bien marché et que la ville de Moncton a signalé son appui au mouvement pour sauver la planète, il serait bon de savoir ce qu’elle fera concrètement.

Moncton a une surface de stationnement totale dans le centre-ville de 42%[1]. Ce pourcentage augmente de façon dramatique lorsqu’on tient compte des rues. Et c’est énorme. Notre ville est un stationnement où les piétons esquivent Toyota et Ford F150. Moncton, si l’envie te prend, tu pourrais lire le chapitre 22 du livre « A Pattern Language », intitulé « Nine Per Cent ». On dit qu’il n’est pas possible de créer un environnement pour les humains lorsqu’on utilise plus de 9% du territoire pour le stationnement[2].

Et puis, ce n’est pas seulement le parcage qui est problématique, c’est l’ensemble du processus qui tire la patte. C’est comme si sous les feux de l’écoblanchiment, il n’y avait que des formes apaisantes. Récemment, Moncton adoptait une motion visant à en faire davantage pour lutter contre les changements climatiques[3]. C’était une belle initiative, mais un mois seulement après avoir timidement balbutié l’urgence climatique, le département d’ingénierie de la Ville proposait de réduire le nombre de trottoirs, qui seraient trop coûteux à entretenir[4]. Et ce mode d’action, cette façon d’opérer n’est pas une situation isolée. Le gouvernement fédéral procède de la même manière : le 19 juin 2019, il déclarait l’urgence climatique au pays[5] et donnait, le lendemain, le feu vert à l’expansion du pipeline Trans Mountain.[6] / [7] On nous prend pour des tartes, des cons ou pour des Tim Bits en souhaitant que le message Instagram suffise à rendre le monde meilleur.

On semble être d’accord, la ville pourrait devenir plus verte et plus humaine. Idées concrètes : Moncton pourrait s’engager à se dé-stationner, elle pourrait nous dire que l’idée proposée par le département d’ingénierie n’ira pas de l’avant et elle pourrait sûrement interdire les « shows de boucanes » comme « The Nationals » et « The Atlanticade » qui viennent chaque année empester la ville de leurs fumées nauséabondes. Ces festivals de la pollution n’ont pas de place dans une ville qui se veut respectueuse de l’environnement. Et s’il n’y a pas de problème, pas de conflit existentiel à tenir de tels évènements, la ville pourrait inviter Greta Thunberg à être maître de cérémonie du défilé. On verra ce qui arrivera.

[1] Surface totale de Moncton: 142 053 298,760 mètres carrés
Surface totale de stationnement: 6 452 935,9 mètres carrés
Jean-Guy Leger, Transportation Coordinator, Ville de Moncton

[2] https://en.wikipedia.org/wiki/A_Pattern_Language

[3] La Ville de Moncton déclare l’urgence climatique
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1162020/moncton-urgence-changements-climatiques-effet-serre

[4] Moins de trottoirs à Moncton? Des aînés s’inquiètent
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1168060/trottoirs-reduction-enlevement-moncton-transport-marche-acadie

[5] Le gouvernement du Canada a officiellement déclaré l’urgence climatique au pays https://www.narcity.com/nouvelles/ca/le-gouvernement-du-canada-a-officiellement-declare-lurgence-climatique-au-pays

[6] https://www.bbc.com/news/world-us-canada-49804234

[7] Ottawa donne le feu vert à l’expansion du pipeline Trans Mountain
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1189941/oleoduc-trans-mountain-canada-alberta-colombie-britannique-petrole


Image Wikipedia: Benh LIEU SONG from Torcy, France – Bay 2 Parking
Parking lot outside of a shopping mall in Collégien, France, demonstrating the design of prioritizing spaces for cars over spaces for people.

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Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel H. Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Everglades, coécrit avec Valerie LeBlanc, vient de paraître aux Éditions Prise de parole.

Daniel H. Dugas is a poet, musician, and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico and Australia. His tenth book of poetry, co-written with Valerie LeBlanc, Everglades has just been published by Les Éditions Prise de parole.

Everglades
À partir de leur exploration du parc national des Everglades, Daniel H. Dugas et Valerie LeBlanc cartographient dans cet essai poétique les effets de la présence humaine sur le milieu naturel, les traces qu’elle y dépose. Everglades est une ode à la beauté, à la fragilité et à la résilience d’une nature aux prises avec une espèce envahissante, la nôtre.

Everglades
Through their exploration of the Everglades National Park, Daniel H. Dugas and Valerie LeBlanc document, in this poetic collection, the effects of human presence in the natural world and the traces left behind. Everglades is an ode to the beauty, the fragility and the resilience of nature faced with the invasiveness of a particular species, ours.

Date : Mars 2018
Genre : Poésie
Collection : Poésie
ISBN : 9782897441029
Français/English

Éditions Prise de parole

http://www.prisedeparole.ca/auteurs/?id=1148

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