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May 23, 2021
admin

Rugissements en dents-de-lion (2021)

 


Je n’ai jamais pensé que Moncton pouvait avoir autant de fleurs sur ses pelouses, mais voilà, tout à coup la ville fleurie sous nos yeux et sous nos pieds !

Ce qui m’étonne le plus, ce n’est pas que les pissenlits poussent presque partout, c’est la vitesse à laquelle nous les avons acceptés; du mépris à l’adoration en quelques semaines ! On dirait que tout le monde écoutait la même émission, le même podcast, a vu la même annonce, et a décidé d’agir tous en même temps. Je n’avais jamais entendu parler de ce No Mow May - Pas de Tondeuses en Mai avant le début du mois, alors pour moi l’éclosion est encore plus spectaculaire.

L’aspect écologique constitue évidemment l’essentiel de l’affaire, mais ce qui me fascine encore plus c’est ce qui est sous-entendu socialement : la pression à faire ou ne pas faire comme tout le monde, c’est-à-dire de tondre ou de ne pas tondre, et surtout les contradictions qui émanent de nos actions. Dans nos sociétés de plus en plus polarisées, les parterres avec les pissenlits et ceux sans pissenlits s’apparentent à des déclarations publiques de nos positions politiques. Apparemment, la plupart des Monctoniens sont en faveur de cette initiative, mais il y a qui continue de résister à l’envahisseur. J’entends depuis une semaine des propriétaires avec leurs tondeuses qui font discrètement leur travail. Dans la cour arrière tout d’abord, à l’abri des regards, puis enhardis, sur la pelouse devant la maison. J’ai aussi pu constater l’effet boule de neige : un voisin qui tond réveille le besoin presque préhistorique de tondre chez un autre.

Si le gazon parfait a été l’emblème du rêve américain, un rêve qui s’est développé et accentué avec la popularité du golf dans les années 50[1], notre sensibilité pour la biodiversité semble avoir pris le dessus. Je dis « semble », car nos actions sont souvent des façades qui nous donnent bonne conscience.

En ville, il y a des terrains où fleurissent un nombre incroyable de pissenlits, mais souvent on peut voir stationné à côté de ces jardins botaniques in situ deux ou trois voitures, des camionnettes et des VUS surdimensionnés. Le nombre, et le fait que ces véhicules soient tous énergivores ne semblent pas poser problème à cette conscience écologique naissante. The sky is the limit, the bigger the better, comme on dit.

Il y a aussi les clubs de golf qui n’ont pas emboîté le pas, mais ça, on n’en dit rien. Pas de Tondeuses en Mai ne s’applique apparemment pas à ces temples de la destruction environnementale, ils sont des intouchables. Comme un fusil dans un saloon de l’ouest, notre prise de conscience doit rester au vestiaire du pro shop.

Devant l’implacable nécessité de la croissance économique, la sincérité de plusieurs de nos gestes écologiques est difficile à cerner. Je me demande souvent comment notre besoin de consommer s’accorde avec notre désir accru de biodiversité. Dans nos sociétés de consommation, on nous dit que ce n’est pas en réduisant nos activités que nous allons faire une différence, mais en achetant d’autres objets qui nous permettront de consommer autant sinon plus qu’avant, et ce en laissant une empreinte carbone moindre. On offre un crédit d’impôt à la personne qui achète un véhicule électrique, mais pas à celle qui décide de faire une vie sans voiture. Je ne sais pas si nous allons sauver la planète en ne faisant que des choses qui ne changent pas trop notre mode de vie, mais c’est là que nous en sommes.

Nos bonnes intentions sont truffées de failles, et je suis d’accord, il y a un début à tout. Alors qui sait, les pissenlits sont peut-être les rugissements qui nous feront changer de cap.

Daniel H. Dugas
Le 23 mai 2021

 

[1] Voir : American Green: The Obsessive Quest for the Perfect Lawn, Ted Steinberg, WW Norton, 2007. Compte rendu de livre par le New York Times : https://www.nytimes.com/2006/03/13/arts/american-green-the-obsessive-quest-for-the-perfect-lawn.html


 

Pour une perspective locale du mouvement Pas de Tondeuses en Mai, voir L’Alliance du Bassin Versant Petitcodiac
http://www.petitcodiacwatershed.org/?page_id=1588&lang=fr

The American Obsession with Lawns - Scientific American Magazine (May 3 2017)
https://blogs.scientificamerican.com/anthropology-in-practice/the-american-obsession-with-lawns/

The Life and Death of the American Lawn - The Atlantic (28 August 2015)
https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2015/08/the-american-lawn-a-eulogy/402745/

How the Perfect Lawn Became a Symbol of the American Dream - History Channel (17 February 2021)
https://www.history.com/news/lawn-mower-grass-american-dream

Apr 10, 2021
admin

Des crises (2021)

Je pensais dernièrement à la crise sanitaire et la façon dont elle avait propulsé les intervenants des soins de santé à l’avant-plan de toutes les sociétés. Notre avenir et notre devenir dépendent de leurs actions et de leur courage et je suis bien content qu’ils relèvent ainsi le défi. Je me disais aussi qu’une fois toute cette histoire de pandémie terminée, nous devrions peut-être avoir une crise esthétique, question de ramener à la lumière les artistes, les poètes et les penseurs jetés dans l’ombre du coronavirus.

Je voyais déjà un monde nouveau apparaître sous mes yeux. Mais en y pensant encore un peu plus, je me suis rendu compte que cette crise esthétique n’arrivera jamais, pour la simple raison qu’elle est déjà ici, qu’elle a toujours été ici. On a qu’à regarder les mouvements artistiques récents comme le « formalisme  zombie » ou le « Hi-Lite » (une forme d’art pour un public qui n’aime pas les idées compliquées et que Dean Kissick, rédacteur au magazine Spike, qualifiait de « Bimbofication of art »), pour voir à quel point nous nageons dans des eaux boueuses.

Comme Némo, je venais de tomber de mon lit, et les feux de la rampe de la réalité m’éblouissaient impitoyablement. Il ne me restait, en clignant des yeux, qu’à espérer que les formes dansantes soient amicales.

Crédit image: Library of Congress
Bufford’s shadow cards, sheet no. 41. c1871.

Oct 5, 2020
admin

Jean Malavoy (2020)

Comme plusieurs, je suis extrêmement triste d’apprendre le décès de Jean Malavoy. La première fois que je l’ai rencontré, c’était à Antanarivo au Madagascar en 1997, il était responsable des activités culturelles pour la composante Canada lors des IIIes Jeux de la Francophonie. Je me souviens d’un grand souper festif avec les équipes du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick. J’étais assis à côté de Jean. Il y avait beaucoup de joie, de rire, de musique. J’avais écrit dans le vif du moment un texte que je lui avais dédicacé. Le voici :

La limite élastique, 1998
Les Éditions Perce-Neige

Sep 22, 2020
admin

Rabbit Brook (2020)

La ville de Moncton tenait hier une séance publique sur la proposition de rezonage du 211, chemin Mapleton (restaurant Skipper Jack’s). Je suis très content que le plan visant à couvrir une partie du ruisseau de Rabbit Brook ait été rejeté. Je m’opposais au rezonnage et je prévoyais participer à la séance, malheureusement, une urgence m’en a empêché. On m’a dit que mon texte avait été distribué aux personnes présentes. J’ai pensé le publier ici :

Le sentier Ruisseau Rabbit à Moncton fait tout au plus trois kilomètres et demi de longueur. Ce n’est pas l’un des grands sentiers de l’Amérique du Nord, mais je l’emprunte régulièrement, il traverse mon quartier. Une des sections, que j’aime particulièrement, longe le ruisseau, à cet endroit on a presque l’impression d’être en forêt.

Étant donné que le sentier est si petit, il me semble que sa dégradation, pour créer plus de place de stationnement, devient quelque chose de symbolique. Pourquoi s’acharner sur les plus petits ou les plus faibles sinon pour démontrer que le pouvoir de l’être humain est supérieur ? D’une certaine manière ce petit lopin de terre est le symbole de la résilience de la nature et de le détourner de « sa » nature serait le rendre muet.

D’après Jean-Guy Leger, Coordinateur des transports pour la Ville, 4,6% de la superficie totale de la ville de Moncton est couverte par des aires de stationnement pour automobiles. Ce chiffre est atténué évidemment par de larges zones boisées qui entourent la ville et qui font partie de son territoire. D’après ce que j’ai pu comprendre, aucune analyse n’a étudié le pourcentage de stationnement dans la zone développé à l’exception du centre-ville. Et là, la situation est dramatique. Toujours d’après Monsieur Leger, la surface de stationnement totale est de 42%! Notre ville est un stationnement à ciel ouvert où les piétons esquivent Toyota et Ford F-150.

« A Pattern Language » est un essai écrit en 1977 sur l’architecture, l’urbanisme et l’habitabilité communautaire. Dans le chapitre intitulé « Nine Per Cent », on dit qu’il n’est pas possible de créer un environnement pour les humains lorsqu’on utilise plus de 9% du territoire pour le stationnement.

Et puis, ce n’est pas seulement le parcage qui est problématique. Récemment, la ville de Moncton adoptait une motion visant à en faire davantage pour lutter contre les changements climatiques. C’était une belle initiative, mais un mois seulement après avoir timidement balbutié l’urgence climatique, le département d’ingénierie de la Ville proposait de réduire le nombre de trottoirs, qui seraient trop coûteux à entretenir.

On semble être d’accord, la ville pourrait être plus verte et plus humaine, mais créer encore plus de stationnements n’est pas une action ni responsable ni visionnaire. C’est pour cela que j’enjoins la ville, ma ville, à ne pas détruire ce petit bout de verdure. Oui, il y a des déchets qui s’y accumulent, je le vois régulièrement, mais il bon de noter qu’il n’y a à cet endroit aucune poubelle. Et dans le fond, on le sait tous, ce n’est pas ce petit ruisseau de rien du tout qui jette les sacs de chips et les tasses de café Tim Horton dans le ravin, ce sont nous, les humains.

Daniel H. Dugas

Jun 8, 2020
admin

Sur la dune de Bouctouche « comme si tout’l monde se connaissait. » (2020)

L’autre jour, alors que nous marchions sur la dune de Bouctouche, nous avons croisé deux femmes, une qui était assise dans le sable près du rivage et l’autre qui marchait lentement dans l’eau à mi-corps. J’ai pensé en la voyant ainsi marcher (parce que l’eau est encore très froide à ce temps de l’année) qu’elle allait aux toilettes dans la mer. C’est peut-être parce que nous regardions la baigneuse que celle assise, en voulant détourner notre attention, nous lança: « Vous avez l’air des touristes ! » Surpris et un peu ébranlé, je répondis par un simple non.

En continuant notre marche, je me suis mis à penser à cette étrange remarque. Elle sous-entendait que nous n’avions pas l’air du coin, qu’on détonnait. Le contexte de pandémie dans lequel nous vivons rend cette question quelque peu problématique. Un commentaire xénophobe qui se basait soit sur notre apparence physique, soit de la façon dont on s’habillait. Ce n’était pas nos accents, car elle nous avait jugés avant qu’on eût ouvert la bouche. Si nous n’étions pas des alentours, nous étions d’ailleurs et par le temps qui court tout ce qui vient d’ailleurs est une menace pour la santé publique. Juste pour voir sa réaction j’aurais dû lui dire, en toussant un peu, qu’on arrivait à l’instant de la ville de New York. Ça aurait pu marcher, car je portais cette journée-là un t-shirt de l’exposition Artistic Licence qui avait été présentée au Guggenheim l’automne dernier.

Mais qu’en est-il de ce « Vous avez l’air des touristes » ? Est-ce que c’était une insulte ou plutôt une boutade qui visait à nous faire déguerpir; une tactique pour que les deux acolytes puissent occuper en toute quiétude la totalité de la dune? Je ne sais pas. En fin de compte, cela n’a pas trop d’importance, je pouvais toujours me réjouir que dans ce coin de pays, apparemment au patrimoine génétique réduit, nous ne partagions pas tous les traits communs.

Heureusement pour nous, nous n’avons pas croisé d’autres villageois avec des torches et des fourches. Personne n’est venu nous menacer. Cette journée-là nous étions des étrangers, une gang de New York just on our own.

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Photos de Valerie LeBlanc
‘…comme si tout’l monde se connaissait’
 est un vers du texte Tableau de Back Yard de Guy Arsenault tiré du livre Acadie Rock (1973).

May 24, 2020
admin

Sur la route (2020)

Le sentier Ruisseau Rabbit à Moncton fait tout au plus trois kilomètres et demi de longueur. Ce n’est pas l’un des grands sentiers de l’Amérique du Nord, mais je l’emprunte régulièrement, il traverse le territoire, la zone où je vis. Une des sections, que j’aime particulièrement, longe le ruisseau; à cet endroit on a presque l’impression d’être en forêt.

Sur les sentiers
L’autre jour alors que je marchais dans le petit boisé, j’ai entendu quelqu’un siffler bruyamment. Comme je ne savais pas d’où provenait l’avertissement, j’ai regardé instinctivement à ma droite, vers les cours arrière des maisons qui bordent le sentier, en pensant que quelqu’un appelait son chien. À ce moment, un autre sifflement plus fort s’est fait entendre. J’ai regardé derrière moi et un Eddy Merckx, un Lance Armstrong local, habillé en tenue de compétitions me dépassa en trombe. Il devait faire entre trente et trente-cinq kilomètres à l’heure. Je me suis tassé sur le côté en le regardant passer.

Si on voyait ces mêmes ratios de vitesse transposés sur les routes, nous serions tous sidérés par leur ampleur. La marche normale et dynamique se situe à une vitesse médiane de 5 km/heure et la vitesse normale standard à vélo est de 20 km/heure. Si je marche à 5 km/heure et que le siffleur arrive à trente-cinq kilomètres/heure, il va sept fois plus vite que moi. Allons maintenant sur l’autoroute où la vitesse est limitée entre 60 et 100 km/heure. Une automobile roule, disons à 100 km/heure, une autre voiture klaxonne derrière, et la dépasse à 700 km/heure. C’est évidemment trop vite et je suis convaincu que ça ne serait pas toléré. Malheureusement, pour les piétons, c’est quelque chose qui arrive assez souvent.

Même si la majorité des cyclistes partagent les sentiers avec les piétons de façon respectueuse, il y en a plusieurs qui utilisent ces chemins comme des pistes de course avec les piétons comme obstacles dynamiques. Mais ça, ce n’est pas nouveau, dans la chaîne alimentaire des modes de transports, le prédateur alpha est l’automobiliste, le cycliste – quoi qu’on en dise – est en deuxième position. Le piéton lui fait office de phytoplancton, ou de zooplancton. Parce qu’il est le moins rapide, il est dans le chemin de tout le monde – même sur les trottoirs qui lui sont pourtant réservés.

Sur les trottoirs
Dans la nouvelle normalité dans laquelle nous nous vivons, plusieurs d’entre nous avons remarqué que les trottoirs ne sont pas très larges. Il est impossible de garder une distanciation sociale sur 4 pieds de largeur. Si l’on y ajoute des bicyclettes, le problème est vite décuplé. Parce qu’elles ont des roues, la solution la plus logique est de voir ces vélos circuler sur les routes. La ville de Moncton a même un arrêté (no T-410[1]) où il est stipulé qu’il « est interdit d’utiliser un trottoir autrement que pour un usage piétonnier […] » En 2012, la police de Moncton a resserré brièvement les règlements et donné quelques contraventions, mais il semble que depuis il y a eu un relâchement considérable[2].

À toute les fois que je vois un cycliste s’approcher sur un trottoir, je me demande pourquoi il a pris cette décision. Pourquoi rouler sur un trottoir avec des trous et des bosses lorsqu’une piste cyclable existe juste à côté? C’est un grand mystère qui s’explique peut-être par la peur d’être happés par un véhicule. Ce qui est étonnant et déconcertant tout à la fois, c’est qu’ils n’ont aucune crainte de nous frapper, le danger n’existe que pour eux. Nous, les piétons, nous ne sommes qu’une espèce en voie de disparition, une extinction qui n’arrive pas assez rapidement pour certains.

Daniel H. Dugas
le 22 mai 2020

[1] ARRÊTÉ no T-410, Ville de Moncton
http://www5.moncton.ca/docs/bylaws/By-Law_T-410_Use_of_Streets-arrete_utilisation_rues.pdf

[2] Moncton police crackdown on cyclists
https://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/moncton-police-crackdown-on-cyclists-1.1267573

 

Nov 13, 2019
admin

The seagulls and us (2019)

seagull-wp

Politically, we are like a colony of seagulls in a parking lot near McDonald’s or Wendy’s. We look for scraps of food; fries, morsels of meat, even a pickle. We work individually, picking at other birds that threaten to steal what looks like loot. And then amid this disorganized assembly, someone walks by; one man going home or to the grocery store, and all of the birds looking for food fly off in fright. I always find it amazing, that a huge flock of birds can be so afraid of one harmless man going out to run an errand, while longing to lay down on the couch at home. The birds don’t have any understanding of the power they hold. If they were aware, they would stand up to the passer-by and HE would be the one running for his life. But now the man is in his house, watching TV, and he’s probably not even thinking about the birds that are still looking for food and skittering away whenever someone walks by.

Politically, we are like a colony of seagulls found in a parking lot because we seem unable to realize and assume our strengths. We can only conceive of two outcomes for any election: it will be a Liberal government or a Conservative government. In our minds, there are no other possibilities. We either win a fry or a pickle type of government. If we were like the enlightened seagulls of my dreams, we would stand up to passers-by and vote, not for one or the other, but for the party that reflects our beliefs. And we would finally elect someone else, the world would be a better place.

The fear that we have, that if it’s not daytime it must be night-time, can be likened to the fear that makes all birds shake in their boots. Of course, if there was a proportional representation system, or a least an electoral reform like was once promised not too long ago, we would find parking lots with both the birds and the passers-by in happy co-existence.

Daniel H. Dugas
November 6, 2019

What Trudeau said: A look back at Liberal promises on electoral reform
Tania Kohut, December 2, 2016

Why Do Seagulls Hang Out in Parking Lots?
Matt Soniak, June 30, 2014

 

Image: Library of Congress
Zoo: Billy Sea Gull, July 10, 1920 

Nov 12, 2019
admin

24 images/notes de ma seconde New-Yorkaise (2019)

Jean Luc Goddard disait que la photographie, c’était la vérité et le cinéma, c’était vingt-quatre fois la vérité par seconde…  Voici 24 images de ma seconde New-Yorkaise, accompagnées de 24 hyperliens.

1. Parce que le Mutoscope est une machine fantastique,

2. Pour le bleu de l’image et les nez d’Orson Wells,

3. Parce que « Technology/Transformation: Wonder Woman » de Dara Birnbaum
me fait encore réfléchir,

4. Parce qu’Hudson Yards n’est qu’un vaste dépotoir matérialiste et qu’après avoir vu la sculpture de Thomas Heatherwick mon œil s’est accroché à la publicité intérieure,

5. Parce que cet édifice de Snug Habor me fait penser à Aberdeen à Moncton,

6. Parce que la perruque couleur néon est électrique,

7. Parce que le 11 septembre a laissé une marque profonde et que les deux tours existent encore dans cet espace sacré,

8. Parce que ces micros, suspendus devant le rideau rouge, sont d’une grande beauté,

9. Parce que c’est sous le vide que le monde médiatisé nous est apparu,

10. Parce que les « Diapositives à Chansons » recoupaient déjà les grands désirs marketing,

11. Pour « Pong », où j’ai déposé un nombre incalculable de 25 sous,

12. Pour Pope L., que je ne connaissais pas et dont la trajectoire artistique me fascine,


13. Parce que la peinture intitulée « The Eternal City » de Peter Blume est une révélation,

14. Parce qu’Aparelho Cinecromático d’Abraham Palatnik est une autre révélation,

15. Parce que « My%Desktop » est une de mes œuvres d’art préférées depuis longtemps,

16. Parce que j’essaie de m’insérer dans « Figurengruppe/Group of Figures » de Katharina Fritsch,

17. Parce que la statue « Rumors of War » de l’artiste noir américain Kehinde Wiley est d’une grande pertinence, pour ce moment dans l’histoire américaine, pour le choix du modèle, parce que le monument est installé temporairement en plein milieu de Time Square et que l’impact des publicités donne à lire obliquement,

18. Parce que le Guggenheim est un bijou d’architecture,

19. Parce que les crabes qui soutiennent l’Aiguille de Cléopâtre dans Central Park pèsent 922 lb chacun,

20. Parce que le panneau d’affichage « VOTE » de Mitch “the World’s Best Artist” O’Connell remet les pendules à l’heure et parce que l’autre panneau d’affichage par Dhvani —situé directement au-dessus—est aussi captivant que le premier,

21. Parce que l’affiche de la fin du monde est rudimentaire et que cette semaine-là le président américain avait 66.6 millions d’abonnés,


22. Parce que Steinway est un rêve,

23. Parce que la librairie « Printed Matter, Inc » est un temple de bonbons,

24. Parce que ce décollage, presque un détachement, ressemble à la coupe Stanley et que le logo est celui du département d’assainissement de la ville de New York.

Oct 21, 2019
admin

Notes from watching the 2015 election (2019)

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Here are my notes from watching the last election (2015).

BEGINNING: What is wrong with us?

Justin Trudeau has already become the greatest prime minister in Canada!

It reminds me of the blue wave of Brian Mulroney in 1988. We are all purple now!

We are back in the future of our past.

Everything is already totally different.

For once Atlantic Canada has weight. The conservative voted liberal.

CTV sets look like Apple’s OSX.

The algal bloom may also deplete oxygen in the waters and/or release toxins that may cause illness in humans and other animals.

Like when Frank McKenna won every seat in 1987.

Orange and green were obviously not real colours.

We are now 33% better!

I’ve heard that the Blue Jays will be wearing red shirts in the next inning.

Mulcair will shave his beard.

We need a party with the colour yellow!

Dynasty: “power, lordship, sovereignty,” from dynastes “ruler, chief,” from dynasthai “have power.

It might take another 100 years to see a different outcome than the red vs. blue scheme.

Actually, it might never happen.

It’s still early, but it’s pretty late.

Jack Layton has turned in his grave.

Tom forgot to say something…

Canada Vote sets. Wendy Wesley in purple and Diana Swain in yellow?

Embarrasser ou embrasser ?

Fast delivery

END: They like to touch their chest.

Oct 19, 2019
admin

Sans un mot ni même une larme (2019)

parking1
parking4

Sans un mot ni même une larme, Moncton vient de perdre un autre espace vert. Les rouleaux compresseurs et l’asphalte des entrepreneurs ont eu raison de ce petit lopin de terre situé devant l’hôpital anglais de la ville. Il y avait dans ce parc quelques sentiers, quelques arbres, des bancs, tous rasés maintenant pour faire place à la noirceur du bitume.

Entre ce nouveau stationnement et le trottoir subsiste un monument commémoratif de l’école Beauséjour, le premier établissement scolaire de langue française dans la ville. C’est là, dans ce parc que s’érigeait la « Beauséjour School » devenu quelques années plus tard l’école Beauséjour. Est-ce que bientôt on voudra, pour créer un ou deux espaces supplémentaires de stationnement, déplacer ce monument vers la périphérie?

Notre appétit pour le parking n’est pas un malaise, mais une maladie. La condition qui nous afflige aura, semble-t-il, le dernier mot.

Voir: Le souvenir d’une école, 6 octobre 2008
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/413603/nb-ecole-beausejour

Pages:1234»

Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel H. Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Videopoésie / Videopoetry, coécrit avec Valerie LeBlanc, vient de paraître aux éditions Small Walker Press.

Daniel H. Dugas is a poet, musician, and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico, and Australia. His eleventh book of poetry, co-written with Valerie LeBlanc, Videopoésie / Videopoetry has just been published by the Small Walker Press.

Date: April 2020
Genre: Vidéopoésie/Videopoetry
Français/English

Videopoetry / Vidéopoésie

Small Walker Press

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