Browsing articles in "commentaire"
Dec 5, 2016
admin

Gotlib (2016)

Autoportrait de Gotlib pour la couverture de Rubrique-à-brac Tome 4, Dargaud, 1973

Autoportrait de Gotlib pour la couverture de Rubrique-à-brac Tome 4, Dargaud, 1973

En 1971, j’ai découvert la série de livres Rubrique-à-brac. Ç’a été un évènement catalyseur qui m’a initié à l’humour absurde, caustique et fantaisiste de Gotlib, mais qui m’a aussi fait découvrir le monde où je vivais. J’habitais Lévis et je savais – je ne sais plus comment, mais je l’avais su – que les livres de Gotlib étaient en vente à la librairie Archambault dans le Vieux-Québec (à l’époque située sur la rue St-Jean). Je partais de chez moi avec l’argent que j’avais gagné à livrer les journaux à domicile et je me rendais au traversier pour aller à Québec. De là, je montais jusqu’à la librairie. La route qui menait vers le rire était parsemée d’inconnu et de surprises et chaque fois que j’achetais un nouveau tome le monde entier m’apparaissait plus éclatant. Gotlib m’a fait découvrir un humour « glacé et sophistiqué » comme il le disait si bien et m’a fait explorateur de la vie. Merci Marcel Gotlib !

 

 

 

 

Aug 24, 2016
admin

Le modèle et la copie (2016)

bust-of-lord-elgin2

Le simulacre n’est jamais ce qui cache la vérité – c’est la vérité qui cache qu’il n’y en a pas.
Jean Baudrillard

Je croyais que Chirac était du marbre dont on fait les statues.
En réalité il est de la faïence dont on fait les bidets.
Marie-France Garaud

L’hôtel Lord Elgin d’Ottawa a été nommé en l’honneur de James Bruce, le 8e comte d’Elgin, gouverneur général du Canada-Uni de 1847 à 1854. Dans une alcôve du hall d’entrée de l’hôtel, on a placé un buste en son honneur. Comme j’aime toucher à tout, j’ai tapé sur sa tête et j’ai été surpris de constater que l’homme n’était pas fait en marbre, mais en fibre de verre! Je me disais qu’on avait dû mettre l’original en lieu sûr, que ce faux marbre n’était là que pour des questions d’assurances ou de nettoyage. Peu importe la raison, son état révélait un lien de filiation des plus intéressant.

Le père de James s’appelait Thomas Bruce, c’était un aristocrate et un homme militaire qui portait plusieurs titres dont celui de 7e compte d’Elgin. Au début du 19e siècle, il était ambassadeur britannique à Constantinople, la capitale de l’Empire ottoman. La Grèce qu’on disait « ottomane » à l’époque faisait partie de l’empire et l’ambassadeur, qui avait une fascination toute particulière pour la Grèce, parcourait son territoire comme un véritable golden retriever. La pie voleuse plénipotentiaire, grande receleuse, a enlevé de l’Acropole d’Athènes des centaines de statues et les a vendus au British Museum. Parmi son butin, il y avait 12 statues des frontons, 156 plaques de la frise et 13 métopes; la frise du temple d’Athéna Niké et une cariatide de l’Érechthéion! Ces marbres qu’on appelle maintenant les Marbres d’Elgin (comme quoi le crime paie, et ce même si le 7e comte a vendu le matériel à perte) constituent aujourd’hui l’une des pièces maîtresses du musée britannique. La Grèce réclame depuis longtemps le rapatriement des marbres, mais le musée a toujours prétendu être le gardien du patrimoine culturel de l’humanité et n’a jamais accepté de les rendre.

Notre illustre gouverneur général, grand administrateur colonial, avait un pedigree des plus impressionnants, son beau-père n’était nul autre que John George Lambton, 1er comte de Durham, l’auteur du terrifiant Rapport Durham et son père, on l’a vu, était un statuomaniaque international. Notre comte n’est toutefois pas en reste; il a été vice-roi des Indes et a laissé sa marque sur la scène internationale en ordonnant, durant la seconde guerre de l’opium, la destruction du Palais d’été, jardin impérial de Pékin. Quoi qu’il en soit, la statue du fils en fibre de verre qui siège aujourd’hui à l’hôtel semble être la conséquence d’une certaine justice immanente, comme si le fils payait en substance les crimes de son père. Ce qui est plus drôle, c’est qu’en tapant sur le buste, il sonne creux comme pour nous rappeler que l’Histoire n’est pas aussi pleine qu’elle le clame.

Daniel H. Dugas
le 22 août 2016

Notes

Le point de vue du musée britannique :
The Parthenon Sculptures, The British Museum

Le point de vue du gouvernement grecque :
Demands of the Greek government

Pour un exposé favorable des politiques de Lord Elgin, voir : The voice of the people “Lord Elgin” (N.F.B. 1959)

Oct 19, 2015
admin

Querelles de famille (2015)

(Entre le mérite artistique et la situation financière, il ne faut pas y mettre le doigt.)

8K_UHD_4K_SHD_FHD_and_SD-WP

D’après l’Agence du revenu du Canada, le mérite artistique désigne la qualité d’une exposition artistique, d’une présentation de spectacle ou d’une prestation [1]. Le Conseil des arts du Canada — comme tous les conseils des arts provinciaux — privilégie la méthode de l’évaluation par les pairs tout en notant que « si cette méthode n’est pas parfaite elle reste la meilleure pour cerner les habiletés exceptionnelles et le mérite artistique dans le domaine des arts » [2]. Le Conseil des arts du Canada parle même de la primauté du mérite artistique [3]. C’est là un des piliers fondamentaux dans l’octroi des subventions.

Mais qu’est-ce que le mérite artistique sinon la matérialisation d’un talent artistique? Le talent, on le rappelle, est une aptitude, une capacité particulière, une habileté, naturelle ou acquise, pour réussir en société et dans une activité donnée [4]. La concrétisation quant à elle, c’est rendre concret ce qui est abstrait et demande toujours une certaine aisance financière. Le talent est depuis toujours rattaché à l’argent, c’est une mesure de la richesse. Chez les Grecques et les Romains, il était une unité de poids pour mesurer justement l’or et l’argent.

Dans tous les conseils des arts, il y a une autre règle d’or : la situation financière d’un candidat n’est pas un critère pertinent [5]. C’est-à-dire qu’il ne faut pas en tenir compte de la situation financière d’un artiste pour poser un jugement. Qu’il soit pauvre ou riche, c’est le mérite artistique qui compte. Mais comment départager le mérite artistique avec la situation financière d’un artiste? Est-il possible de faire la part des choses, de voir l’un en ignorant l’autre? Comme il est difficile de dire que la pauvreté n’est pas un obstacle à la bonne santé, à un régime alimentaire nutritif, à l’éducation, etc., il est difficile de dire que l’aisance financière n’affecte pas, de façon positive, le parcours d’un individu.

Nous vivons dans une époque de progrès et de technologie où de plus en plus d’artistes utilisent des dispositifs techniques sophistiqués qui sont de plus en plus coûteux. Cette séparation, du mérite artistique et de l’état financier, pourrait être relativement facile dans le cas d’un artiste qui n’utiliserait que le crayon et le papier, mais cet exercice pourrait s’avérer un peu plus difficile dans le cas d’un artiste qui créerait des installations interactives, ou des œuvres vidéo en format 4k UHD ou encore 8k UHD [6]. Est-ce qu’un vidéaste vivant sous le seuil de la pauvreté et qui utiliserait une caméra SD [7] pourrait rivaliser avec un vidéaste qui filmerait en format 8k? On pourrait dire que le premier est un amateur et que le second est un professionnel, que le premier amorce sa carrière et que le deuxième est au sommet de celle-ci. Mais disons que les deux sont au même niveau. On pourrait alors dire que c’est l’idée, le concept qui importe, que la qualité de l’œuvre n’a rien à voir avec ce qui la porte. C’est vrai, mais il est également vrai que la qualité d’une œuvre visuelle est jugée par son apparence. L’œuvre ne sera pas vue de la même manière, c’est évident. On ne compare pas la miniature avec le monumental.

Si nous devons nous abstenir de tenir compte de la situation financière d’un artiste, il faudrait que les artistes limitent le type de matériel d’appui qu’ils doivent soumettre pour soutenir leurs demandes au strict minimum, c’est-à-dire que les exemples d’œuvres antérieures ainsi que l’œuvre proposée devraient être contenus que dans de simples descriptions. Si nous voulions vraiment considérer toute chose comme égale, sans les distorsions de la situation financière, c’est de cette façon que nous devrions nous y prendre. Mais il serait absurde d’évaluer des projets visuels en étudiant que des documents textuels. La solution est pragmatique, la réalité l’impose : le mérite artistique et la situation financière sont intimement liés; les deux sont essentiels pour mesurer et calibrer l’excellence. Continuer à ignorer la réalité, c’est perpétuer la discrimination socio-économique qui s’est, au fil des ans, institutionnalisée presque à notre insu.

Le mérite artistique existe parce qu’il est rendu possible par un appui financier. Le talent est la source, mais l’argent est toujours l’outil qui lui permet de s’épanouir. Si le projet de création demeure pour certains une entreprise possible, il est pour d’autres une aventure presque impossible. Malheureusement, comme la parabole des talents le soulignait « on donne à celui ou celle qui a. Les autres pourront se faire jeter dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents [8]. »

Daniel H. Dugas
19 octobre 2015

[1] Agence du revenu du Canada, Activités artistiques et enregistrement à titre d’organisme de bienfaisance, http://www.cra-arc.gc.ca/chrts-gvng/chrts/plcy/cgd/rts-ctvts-fra.html

[2] Conseil des arts du Canada, L’évaluation par les pairs au Conseil des arts du Canada : comment sont prises les decisions, http://conseildesarts.ca/conseil/subventions/evaluation-par-les-pairs

[3] Conseil des arts du Canada, Document d’information : Révision des programmes de subventions de fonctionnement du Conseil des arts du Canada, http://conseildesarts.ca/~/media/files/council%20-%20fr/francais_review_ogp_finale.pdf p. 5

[4] Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Talent, http://www.cnrtl.fr/definition/talent

[5] Le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, Lignes directrices pour le jury / Programmes de Création et Documentation, 1250E-Guidelines to the Jury. (Document interne)

[6] Office québécois de la langue française, 2014. Ultra-haute définition. Haute définition qui correspond à un affichage constitué de 2160 ou de 4320 lignes horizontales composées respectivement de 3840 et de 7680 pixels. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26528997

[7] Office québécois de la langue française, 2014. Définition standard, Définition des images analogiques et numériques qui correspond généralement à un affichage de moins de 720 lignes horizontales de pixels.  http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26529060

[8] Wikipédia, Parabole des talents, https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents

 

Jun 16, 2015
admin

Une amende est une amende est une amende (2015)

Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Winston Syme, 1984

dc_AmendePositive02

Un article paru récemment dans l’Acadie Nouvelle a retenu mon attention. Le journal nous informe « qu’au cours de l’été, la GRC va remettre des billets de “contravention” à ceux qui font preuve d’un comportement exemplaire et sécuritaire ». Cette initiative, présentée par la ville de Tracadie, la Santé publique et la GRC récompense le comportement positif d’un jeune ou même d’un adulte en leur donnant des « amendes positives »[1].

Mais quelle est cette histoire ? On ne remettrait pas des récompenses négatives, ça ne ferait pas de sens. C’est pourtant ce qu’on dit dans le journal que les amendes sont des récompenses, alors pourquoi ne pas l’écrire sur la bannière ?

L’idée de détourner quelque chose de sa vraie nature (le mot « amende » signifie « peine pécuniaire infligée pour une infraction », pour en faire quelque chose de positif est une idée tordue. C’est foutre le bordel dans la tête des enfants — qu’on voulait au départ protéger avec des casques de vélo — que de leur enseigner des concepts erronés. Qu’une amende soit quelque chose de favorable, c’est tenter de nous faire croire que la nuit est en fait le jour. Il existe dans le novlangue, une langue inventée par Orwell pour son roman 1984, des mots trompeurs qui ont changé de sens et qui signifient le contraire de ce qu’ils exprimaient auparavant. Sommes-nous en présence d’un cas classique de doublepensée ?[2]

Et puis, comment en est-on arrivé là ? Est-ce qu’à force de porter le carcan de la Sécurité nationale nous avons perdu la capacité de détecter ce qui est vrai et ce qui est faux ? Si une amende est une chose positive, est-ce que la perte des libertés civiles l’est aussi ? Est-ce que la folie dystopique de la Sécurité nationale nous a poussés aux confins de l’absurde où la raison n’a plus de raison d’être ?

Le 8 juin 2015


[1] Acadie Nouvelle, Des amendes positives à Tracadie, David Caron.

http://www.acadienouvelle.com/actualites/2015/06/08/des-amendes-positives-a-tracadie/ : [en ligne], consulté le 8 juin 2015.

[2] Le mot clef ici est “noirblanc”. Ce mot, comme beaucoup de mots novlangue, a deux sens contradictoires. Appliqué à un adversaire, il désigne l’habitude de prétendre avec impudence que le noir est blanc, contrairement aux faits évidents. Appliqué à un membre du Parti, il désigne la volonté loyale de dire que le noir est blanc, quand la discipline du Parti l’exige. Mais il désigne aussi l’aptitude à croire que le noir est blanc, et, plus, à savoir que le noir est blanc, et à oublier que l’on n’a jamais cru autre chose. Cette aptitude exige un continuel changement du passé, que rend possible le système mental qui réellement embrasse tout le reste et qui est connu en novlangue sous le nom de “doublepensée”. George Orwell, 1984, Chapitre 9, 1948.

 

Apr 28, 2015
admin

Text(e) Image Beat – talks (2015)

GSN-TALK-web-front-pageGSN-TALK-web-daniel

On April 28, Valerie LeBlanc and I each gave a talk at the Galerie Sans Nom during the Frye Festival.

 

pdf Text(e) Image Beat talks given through the Galerie Sans Nom and the Frye Festival, (pdf 2mb)

Apr 15, 2015
admin
Enter your password to view comments.

Protected: RENCONTRE DU TEXTE ET DE L’IMAGE DANS L’ŒUVRE DE THEODORE DE BRY : perspective d’analyse de données textuelles (2015)

This content is password protected. To view it please enter your password below:

Aug 26, 2014
admin

Home of the New Balance: Nota bene (2014)

rogers-with-logo

Let us never negotiate out of fear. But let us never fear to negotiate.
John F. Kennedy, Inaugural speech, January 20, 1961

Everyone knows it; the province of New Brunswick is in dire straits. The Auditor General, Kim MacPherson, describes the debt problem as “very concerning” and is calling for “significant changes to improve the financial health” of the province.[1] Every four years, the election cycle kicks in; electoral signs pop up everywhere and talking heads reveal their latest strategies to resolve the ever-growing debt problem. The best plan of action for many is to encourage gas exploration by means of hydraulic fracturing. Many are opposed. We know details of the proposed scenario, but never the whole story. What I would like to propose here is another way of resolving this lingering problem.

Sao Paulo, the 4th largest urban area in the world, believes that prohibiting advertising such as outdoor posters will free its citizens, the province of New Brunswick, the 8th smallest province in Canada, could certainly take example from this South American city and do exactly the opposite.[2] Let’s give advertisers what they are denied in Brazil: a world of total advertisement! We need to surrender, to abandon not only the sides of our roads and of our buildings but our very own nomenclature! We need to become somebody else! We need to BECOME THE SPONSORS! The idea is not new; other places have traded their souls before. In 1999, the village of Halfway, Oregon, changed its name to Half.com for a one-year period in accordance to a contract with the eBay subsidiary. In 2005, the town of Clark, Texas changed its name to DISH. In return the company DISH Network awarded DISH residents free cable service and programming for a period of 10 years. This lease is expiring very soon and if logic prevails, that little town’s name could switch to Netflix in the future.

What has never been done is what New Brunswick could try now, a systemic change of names. The names of all villages and towns, all roads, all monuments, all public buildings, even the name of the province would be on the shopping block. There are many ‘naturals’, names of company that could fit with existing communities. Through a sponsorship agreement with the communications and media company, the well known Rogersville could become Rogers. By adding an S to the town of Bailey in Sunbury County, they could probably make a deal with Gilbeys of Ireland, makers of the famous Baileys Irish Cream. Bay du Vin, on the south shore of Miramichi Bay, would certainly attract the interests of any number of wine makers. The little rural community of Burton could stay the same as long as Burton Snowboards get on board, so to speak. Add Tyres to Dunlop in Gloucester County and you get Dunlop Tyres. Popelogan Depot, an unincorporated community in Restigouche County could drop the Popelogan for Home and become Home Depot, and so on. As far as the name ‘New Brunswick’ goes, the footwear manufacturer New Balance seems to have the ideal credentials to take the big prize, in exchange for lots of royalties for NBers. Their logo is already a match with the current abbreviation of our province. On the other hand, settlements like Big Hole in Northumberland County and Baghdad near Grand Lake might have to be rebranded altogether. But imagine if there was a town called Sony, Irving or IBM. For one, the locals would have interesting demonyms. The IBMminions could even sing songs from their parent benefactor. The collection: Songs of The I.B.M. published in 1931 includes Painting the clouds with sunshine by J. P. Saxton:

We don’t pretend we’re gay.
We always feel that way,
Because we’re filling the world with sunshine.
With I.B.M. machines,
We’ve got the finest means,
For brightly painting the clouds with sunshine.
Records we make only to break,
Teaching the whole world we know
I.B.M.’s line, will all the time,
Help it to grow.
When things do not look right,
Our products make them right,
And keep on painting the clouds with sunshine.[3]

This grand project would not only redefine our onomastic landscape, it would also create a boom on employment: the lawyers, of course; the signage industry; the mapmakers and souvenir shops, would all be working overtime. But that’s not all; an underground network of hard-core genealogists unhappy with all of the changes could rise in every corner of the province of New Balance. Members of these cells would try to keep the old ways alive. It would be foolish to try to crush them. Au contraire, they should be encouraged, even if we have to create historical parks of taxonomy. Le Pays de la Sagouine and King’s Landing are two obvious models for this new world of ours. As for the sets of names to be sold, they would be auctioned to the highest bidder and would be legally binding according to the agreements drawn up by the province’s lawyers. With this plan, I truly believe that we could be out of debt in no time. If the DISH people, with the weight of all of their 201 citizens, got free cable for ten years, imagine what we could negotiate right here!

Daniel Dugas
Aug 23, 2014

P.S. Speaking words and marketing, we all recall the heated debate surrounding the slogan on New Brunswick’s licence plates: Be… In this place – Être… ici on le peut. As we know the slogan was discarded. The funny thing is that the province of New Brunswick was standing right in front of it’s very own slogan, a phrase that spells it’s own name, and on top of it all: a phrase that could be read in both official languages. This silver bullet is the Latin expression Nota bene, a phrase that means, “note well” and is often abbreviated as N.B. in English and N. B. in French. Sometimes ideas are sitting in front of us and only need only be picked up.

 

Part 2:
Spem reduxit / Hope restored (2014)

 

___________________________________________
[1] Auditor General troubled by debt growth, http://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/auditor-general-troubled-by-debt-growth-1.2451996

[2] The city of Sao Paulo promulgated in 2006 the Cidada Limpa (Clean City Law) banning all outdoor advertising. The text stipulates that every citizen has a right to live in a city that respects the urban space, heritage and architectural integrity of the buildings. http://ww2.prefeitura.sp.gov.br/cidadelimpa/conheca_lei/conheca_lei.html

[3] Songs of The I.B.M. Fellowship Songs of International Business Machines Corporation, 270 Broadway, New York, N. Y. 1937. Painting the clouds with sunshine, p.14. http://www.robweir.com/blog/attachments/songs-of-the-ibm.pdf

May 5, 2014
admin

Videopoetry (2014)

For me, the poetic experience has always been a visual experience. Although videopoetry is often a collaborative process between a poet and a filmmaker, it is for me, most of the time, one continuous action. When I started to write poetry I also started to experiment with super 8 and creating live soundtracks for the reels. The blend of text, image and music seemed a natural transaction between mediums. But it is not only a back and forth movement between words, images and sounds, the action quickly becomes a passage to discover something new, to unearth a unique presence. We know now that the lines between mediums are fragile, that the walls are now porous and we are thankful for this evolution. We can travel from one genre into another to try to make sense of the whole world. Video poetry sits at the juncture of oral tradition, typography and vibrations: a fork in the road. It sometimes tells a story through words (narrative-poetry) and at other times, through moving images (non-linear abstraction). In spite of the fact that videopoetry always shows with a red wavy underlines in Microsoft Word, it is not an error. It is a form a comprehension. It is a good road to travel.

wwtwu-videopoetry3

Still from What We Take With Us at The New Gallery (2012) Video installation with Valerie LeBlanc

Jul 12, 2013
admin

IDENTICUS (2013)

3exemple

Mots clés : marketing, atavisme, design, mèmes

Les images qu’on nous propose se ressemblent toutes, elles ont quelque chose de familier, des traits communs. C’est tellement étonnant qu’on pourrait penser que l’ensemble du patrimoine visuel est créé par une seule et même personne. Atavisme vient à l’esprit, mais est-ce possible? D’où vient donc cette profusion de pieuvres, de lapins, de fantômes ou de chevelus géants qui envahissent toutes les surfaces, tous les écrans de notre monde moderne? Quel est le dessein de toutes ces ressemblances? Est-ce que ces images sont apparues simultanément comme des représentations emblématiques de ce que nous sommes, comme des vérités impossibles à écarter ou sont-elles des inventions mercatiques? Est-ce que l’universalité qui les imprègne est une faim qui les force à dévorer tout ce qui pourrait les mettre en danger, tout ce qui nous entoure?

Nous sommes devenus, grâce aux agences de marketing, un seul et unique souffle, un seul geste, mus par le même désir et le même rêve. Et c’est toujours le même geste, le même discours, la même idée qui passe devant et repasse derrière. Le sentiment d’avoir déjà vu, d’avoir déjà compris renforce non seulement notre dépendance et notre attirance vers l’objet, mais aussi notre joie d’exister dans l’objet. C’est ce qu’on appelle un développement continu des sentiments ou plus communément : un courant. L’eau passe devant nous et nous emporte jusqu’au bas de la vallée puis dans l’océan. Et nous voilà tous réunis dans cette grande mêmeté [1], dans cette étrange solitude d’être ensemble, où la suite des idées impose béatement ses variations. Un naufrage dans deux gouttes d’eau.

Combien de fois allons-nous nous retrouver devant la même illustration, devant le même design, le même site web avant de suspecter la noyade ou l’étranglement?

Daniel Dugas
Le 12 juillet 2013

 


 
Illustration ci-dessus, de gauche à droite : annonce de iPad, Sydney Au, (juin 2013), My Dream de Josh Holinaty et The Tar Pit Creature d’Alex Mathers.
 
Voir aussi les illustrations ci-dessous, de gauche à droite, image de la bande-annonce ‘The River Eats’ de Justin Shoulder publiée en 2013 dans le magazine ‘Real Time 115-33′ à côté de l’image de Matthew Barney dans le rôle de l’apprenti dans la série de films ‘Cremaster Cycle’ (1994–2002) ainsi que l’image des fantômes et les ‘Happy Faces’ de Luke George qui a été publiée dans le même magazine et qui est ici juxtaposée avec les fantômes d’Olaf Breuning (2004) :

barney-other-guy

olaf-other-guy-web

[1] D’après le Littré, Mêmeté est un mot qui a été proposé par Voltaire en place du mot scientifique identité, mais qui n’a pu s’établir. Je l’utilise plutôt dans le sens de mémétique. Voir memetique.org: Mème (Dictionnaire d’Oxford) : élément d’une culture susceptible d’être transmis par des moyens non génétiques, notamment l’imitation.

 

Pages:123»

Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Son neuvième recueil de poésie L’esprit du temps / The Spirit of the Time vient de paraître aux Éditions Prise de parole.

Daniel Dugas is a poet, musician and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico and Australia. His ninth book of poetry: L’esprit du temps / The Spirit of the Time has just been published by Les Éditions Prise de parole.

Daniel Dugas es poeta, músico y videocreador. Ha participado en exposiciones individuales y colectivas, festivals y eventos literarios en Norteamérica, Europa, México y Australia. Acaba de publicar su noveno poemario, L’esprit du temps / The spirit of time (Les Editions Prise de parole).

L’esprit du temps / The Spirit of the Time est un projet de transmutation du paysage publicitaire en paysage poétique. Ce livre est à la fois un livre de photographie, un recueil de poésie et un essai lucide mais ludique sur notre société matérialiste. Il a été produit en numérique et imprimé en quantité limitée.

Date : Décembre 2015
Genre : Poésie
Collection : Poésie
ISBN : 9782894239629

Éditions Prise de parole

http://www.prisedeparole.ca/auteurs/?id=148

Issuu

Archives

Shapes

Follow Me on Pinterest