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Jul 14, 2016
admin

Faire de la couleur un art du texte (2016)

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FAIRE DE LA COULEUR UN ART DU TEXTE : UNE GÉOGRAPHIE D’INTENSITÉS DANS L’ESPRIT DU TEMPS/THE SPIRIT OF THE TIME DE DANIEL H. DUGAS – VALÉRIE MANDIA

12 juillet 2016 · par Astheure · dans Critique artistique.

Dugas, Daniel H. L’Esprit du temps/The Spirit of the Time, Sudbury, Prise de parole, 2015, 109 p.

Notre regard sur les rapports entre la peinture et la poésie est vraisemblablement teinté par la lecture qu’en a fait G. E. Lessing dans son Laocoon[1], insistant sur leur différence fondamentale : la peinture est un art de l’espace et la poésie un art du temps. L’Esprit du temps/The Spirit of the Time de Daniel H. Dugas, ouvrage bilingue publié en décembre 2015 aux Éditions Prise de parole, intéressera sans conteste les théoriciens et les artistes contemporains de l’art et de la littérature qui, comme lui, démentent cette lecture dichotomique. En effet, dans son plus récent opus, l’artiste multidisciplinaire acadien explore la peinture comme un art du temps et la poésie, comme un art de l’espace.

Ce qui retient mon attention quant à la création de ce « projet d’écriture sur la couleur » (p. 8) est précisément les différents rapports texte/image à l’œuvre dans un livre qui repense la lecture de la photo, de la couleur et de l’écoumène[2] d’une ville, soit la relation de l’humain à son milieu, à la lumière de la palette qui habite une communauté urbaine, plus précisément, à partir des différentes appellations que les fabricants de peinture donneraient aux couleurs de cette palette. Ainsi pensée, la matière colorante devient une sémantique vécue, c’est-à-dire une façon d’habiter les différents sens des mots qui servent à nommer ces couleurs. Elle « exprim[e] ce que nous sommes, maintenant, le Zeitgeist : l’esprit du temps » (p. 8), notre façon d’être dans le monde par la couleur, « chaque vie [étant] une couche, chaque décennie une couleur » (p. 15). En ce sens, chez Daniel H. Dugas, l’écoumène se transforme en atelier-monde.

De la couleur au texte
L’Esprit du temps/The Spirit of the Time rend compte du séjour du poète à Sydney en Australie lors d’une résidence d’écrivain. À l’aide des applications mobiles de différentes compagnies de peinture commerciale, sorte de cartes d’échantillons de couleurs, il a cerné les tons qui lui paraissaient « vibrer avec le plus d’intensité » (p. 8) dans les photographies prises au cours de son exploration du sud-est du continent australien. Les noms de couleurs inventoriés par les différents fabricants de peinture — haleine de lézard, douce biche, opulence — deviennent le punctum[3] de l’image, cet élément de surprise, ce détail qui surgit et qui brouille le sens de l’œuvre, ont été fédérateurs de sa démarche qui s’intéresse aux interactions entre les arts, entre les médias.

Plus ambitieux que ses autres titres où se rencontraient déjà sa poésie essayistique et ses images numériques, ce livre se distingue par sa complexité et sa richesse. Si les textes ne suscitent pas tous le même intérêt et s’il semble y avoir un déséquilibre dans l’aspect esthétique des photographies — de toute façon c’est le concept qui est intéressant et le fait que les photos s’apparentent davantage à celles d’un album de voyage ne fait que rendre de façon plus « instantanée » l’esprit de Sydney — les choix esthétiques et éditoriaux ont le mérite d’orienter notre lecture et notre compréhension du projet. Le papier mat de la version imprimée offre des teintes bien saturées et permet d’apprécier la « matière première » du texte : la couleur. Bien que le livre demeure accessible à un large

public grâce à l’édition électronique, l’édition imprimée, limitée à 50 exemplaires, permet une meilleure appréciation de ce « beau livre », décrit « à la fois [comme] un livre de photographie, un recueil de poésie et un essai lucide mais ludique[4] » que l’on pourrait aussi appeler, livre d’artiste. Peu importe la compétence du lecteur, la légende placée sous l’image intervient pour nourrir ses réflexions sur la façon dont s’est fait le passage de l’image au texte d’accompagnement. L’imbrication du textuel et du pictural se fait sur la double page. Les photos présentées sur la page de gauche sont accompagnées des appellations des deux couleurs sélectionnées dans l’image et de la source respective de chacune (Benjamin Moore, Ralph Lauren, Behr, Earthpaint, etc.), de « marqueurs » — mots-clés ayant orienté la lecture de l’image et l’écriture du texte — et d’une pastille de couleur qui engage un regard assidu, encourageant le lecteur-spectateur à localiser dans l’image la couleur contenue dans la pastille. C’est le cas, notamment, du texte « Enfer sépia » côtoyant une photo qui, au premier coup d’œil, n’apparaît qu’en noir et blanc. Où se terre la couleur rouge présentée dans la pastille? Où se cache « [l]es rivières de sang » (p. 33) annoncées dans le texte? En regardant la photographie de plus près, l’œil découvre de minuscules taches rougeâtres. Qui aurait cru que dans cette représentation d’une scène obscure d’abattoir se dissimulait un coucher de soleil à l’horizon, nom de la couleur rouge A31-6 donné par la compagnie Olympic (p. 32)?

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Les rapports texte/image
La plupart du temps, le texte décrit l’image. Son rapport à la photo en est donc souvent un d’imitation : « des super yachts / amarrés / aux super quais » (p. 27), un « feu de camp » (p. 35), « [d]ans le parc du jardin botanique / les statues des quatre saisons » (p. 37), « une couverture d’un VHS » (p. 41). Parfois, le texte explique une photo plus abstraite et la recontextualise dans l’espace : « les murs » du Blackwattle Café (p. 15), « une boîte à biscuit » (p. 45), « [d]eux gouttes de vin » (p. 63).

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D’autres fois encore, il complète un objet coupé par le cadrage de l’image. À titre d’exemple, « Le ciel de ciment », accompagnant la photographie de « [s]tatues d’enfants » dont on ne voit que la partie inférieure, parachève la sculpture : « Le garçon / grièvement blessé / tient un parapluie » (p. 68-69). En nommant cet accessoire, le texte dirige le regard vers des détails de l’image que tout le monde n’aurait pas décelés : le parapluie est bien présent dans l’image, accoté au mur d’un édifice.

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Dugas explore toutes les possibilités que lui offrent les couleurs écrites. « Chihuahueño » (p. 51), le poème le plus ludique du recueil, devient presque inintelligible, sinon surréaliste. Le poète trace le portrait d’« un petit chien tout à fait adorable » à l’aide des noms de couleurs inventés par différentes compagnies de peinture. Si l’on avait à recomposer le portrait pictural de l’animal d’après ce texte, le chihuahua se métamorphoserait drastiquement :

« Tamia rayé autour des cheville / Cabane en bois sur les côtés / un peu de Moineau sur le visage / Peau de mouton sur sa tête / un soupçon Déesse des pêches / un grain de Vacher là-haut / sans oublier les incontournables / Sucre d’érable / Maison d’écorce Mark Twain. » Toutes ces expressions pour dire les différentes nuances compromettent l’image, la recréent, ouvrent l’imaginaire du lecteur. Le poète montre ainsi que « [le mot] est porteur de fictions, de fabrication imaginaires » (p. 9).

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Une limite élastique
L’Esprit du temps/The Spirit of the Time de Daniel H. Dugas explore la limite élastique entre le langage et la couleur qui, traditionnellement, « fait apparaître de manière exemplaire les limites du discours[5] ». Déjà, en 1998, l’auteur annonçait son désir de lire le temps dans la peinture : « lis-moi l’avenir / dans les nuances des couleurs / qui dansent / dans les pots des vidanges d’huile / lis-moi la peinture des maisons / qui s’écaillent / et qui sèchent au soleil[6] ».

[1] G. E. Lessing, Du Laocoon, ou des limites respectives de la poésie et de la peinture , traduit de l’allemand par Charles Vanderbourg, Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1802 [1766].

[2] Terme utilisé par le géographe Augustin Berque.

[3] Notion développée par Roland Barthes dans La chambre claire : note sur la photographie, Paris, Cahiers du cinéma, 1980.

[4] Prise de parole, dossier L’Esprit du temps/The Spirit of the Time.

[5] Bernard Vouilloux, De la peinture au texte : l’image dans l’œuvre de Julien Gracq , Genève, Librairie Droz, 1989, p. 50.

[6] Daniel H. Dugas, « Lis-moi l’avenir », La limite élastique, Moncton, Perce-Neige, 1998, p. 76.

À propos…

Crédit photo : Éditions Prise de parole.

À la croisée de la littérature et de la peinture, les recherches de Valérie Mandia ont pour champs d’intérêt les rapports entre les deux paroles artistiques ainsi que la figure de l’auteure-artiste. Ayant étudié les arts visuels et la littérature à l’Université d’Ottawa et terminé en 2012 une maîtrise en création littéraire, Valérie Mandia prépare aujourd’hui une thèse de doctorat (FQRSC) où elle réfléchit sur l’intermédialité à l’œuvre chez Leonor Fini.

May 20, 2016
admin

Festival de la Poésie de Montréal (2016)

Festival-2016-Affichette-electroniqueVoici mon horaire:

D’Écosse, Dugas, Desbiens
lecture bilingue français-anglais

Une lecture transatlantique avec Peter Mackay, Rachel McCrum et JL Williams (Écosse), Daniel H. Dugas et Patrice Desbiens.

En collaboration avec le British Council

MERCREDI 1er JUIN, 19H
Librairie Drawn&Quartely
211 Rue Bernard O, Montréal
(métro Rosemont)

GRANDE LECTURE DU FESTIVAL
Lectures et performances d’ici et d’ailleurs

Avec Peter Mackay, Rachel McCrum et Jennifer Williams (Écosse), Carmen Villoro, Mariana Perez-Villoro (Mexique), Antoni Clapès, Marc Romera, Odile Arque (Catalogne), Martine Audet, Paul Bélanger, Daniel H. Dugas, Sonia Cotten, Phillipe Garon, Daniele Pieroni, Joséphine Bacon et Patrice Desbiens.

VENDREDI 3 JUIN, 21h
O Patro Výš
356 av. Mont-Royal Est, Montréal
(métro Mont-Royal)

Feb 28, 2016
admin

Jacques Prosper Bazié (2016)

Parchemins migrateurs, de Jacques Prosper Bazié, est un petit livre de rien du tout, 40 pages, mais les poèmes sont d’une incroyable intensité. En le relisant, je me suis demandé ce qu’il advenait de Jacques Prosper. Tristement, j’ai vite réalisé qu’il était parti le 1er octobre 2014. J’ai eu la chance de le rencontrer en 2011 lors du Festival acadien de Poésie de Caraquet où nous étions tous les deux invités. Bon voyage Monsieur Brazié.

J’ai percé le secret de la brousse ;
J’en suis comblé d’essences rares.
J’ai défait ses colosses,
Arraché le savoir à des ténébreux commensaux.
J’ai bâti mon monde
Avec les oripeaux de la contingence,
Mais au seuil des arènes,
Je me réveille dans la solitude des nécropoles
Et le silence orphelin des pyramides

Parchemins migrateurs
Éditions Kraal, 2011


DECES DE JACQUES PROSPER BAZIE:Tristesse et consternation au domicile du défunt

Jan 27, 2016
admin

Une décennie de mouvance poétique (2016)

Astheure publiait au mois de novembre dernier une critique de « L’Acadie n’est pas une carte postale ». Ce spectacle hommage à Gérald Leblanc était présenté dans le cadre du Festival international de littérature à Montréal le 28 septembre 2015. Bien content de lire les commentaires de Geneviève D’Ortun sur ma prestation.

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Crédit photo : Pierre Crépô.

Des voix de l’Acadie actuelle à l’Acadie n’est pas une carte postale : une décennie de mouvance poétique marquée par l’héritage de Gérald Leblanc – Geneviève D’Ortun

27 novembre 2015 · par Astheure · dans Critique artistique.
L’Acadie n’est pas une carte postale, Éric Cormier [direction artistique et littéraire], Montréal, Festival international de littérature, 28 septembre 2015. Soirée de poésie.

Le décor du Lion d’Or est rouge ce soir, comme la majestueuse éclipse lunaire que l’univers nous a servie hier. Nous sommes dans cette salle à l’ambiance très chaleureuse, voire utérine, pour goûter la poésie présentée au Festival international de littérature (FIL), mais aussi pour marquer un triste anniversaire: celui du départ, il y a dix ans, du poète acadien Gérald Leblanc, instigateur d’un mouvement artistique urbain résolument ancré dans l’authenticité et toujours d’actualité. La salle est rouge, mais l’atmosphère est teintée de bleu. De bleu mouvant…

Soulignons qu’en mai 2004 ce même lieu s’animait pour accueillir Les voix de l’Acadie actuelle, une soirée orchestrée par Gérald Leblanc réunissant Frédric Gary Comeau, Bernard Falaise, les Païens, Marc Chops Arsenault, Éric Cormier, France Daigle, Judith Hamel, Christian Roy, Serge Patrice Thibodeau et Marie-Jo Thério. Plusieurs de ces artistes foulent à nouveau les planches du Lion d’Or ce soir pour scander que « l’Acadie n’est pas une carte postale ».

Gérald, je te connais à travers tes très fidèles amis, des artistes pour qui ton énergie vibre encore au quotidien, des gens dont tu teintes toujours les souvenirs d’un éclat de rire. Je te connais à travers ta plume puisque je n’ai pas eu la chance de te croiser ici-bas avant le 30 mai 2005, jour de ton départ. Ce soir, j’ai soif de ta poésie, j’ai hâte de te découvrir à travers le regard de tes anciens complices.

Après une introduction flamboyante du poète Jean-Paul Daoust, maître de cérémonie pour la soirée, Éric Cormier, le concepteur de l’hommage, donne le coup d’envoi. Se succèdent ensuite une projection du court-métrage Mouvance de Chris LeBlanc et des performances de Gabriel Robichaud, Georgette LeBlanc, Fredric Gary Comeau, Joseph Edgar, Daniel Dugas, Serge-Patrice Thibodeau et Marie-Jo Thério, le tout accompagné en musique par les délicieuses ambiances de Marc Chops Arsenault (basse), Bernard Falaise (guitare) et Philippe Melanson (percussions) et tissé de lectures d’œuvres de Leblanc choisies par Jean-Paul Daoust.

La réunion éclectique d’artistes de L’Acadie n’est pas une carte postale donne lieu à quelques moments de partage particulièrement réussis, denrées trop rares (et donc savoureuses) lors des conventionnelles soirées de poésie. Quel plaisir que de redécouvrir le court-métrage Mouvance qui nous fait sillonner Moncton en suivant la voix de Leblanc accompagnée des Païens[1], de rigoler devant la spontanéité désarmante de Georgette LeBlanc, d’être bercé par la voix envoûtante de Fredric Gary Comeau qui mord dans ses mots jusqu’à en briser le sens pour créer un nouveau rythme… Au chapitre des lectures percussives, le public est bien servi ce soir: les chansons enlevantes offertes par un Joseph Edgar à l’énergie communicatrice viennent agréablement ponctuer l’événement. La contribution originale de Daniel Dugas dans cet amalgame poétique vient quant à elle des montages audio-vidéo très réussis qui accompagnent ses lectures: les associations d’images proposées frappent l’imaginaire du public et fournissent à ses textes une nouvelle profondeur. Et, bien entendu, la vocaliste et improvisatrice hors pair Marie-Jo Thério rayonne sur scène, illuminant le Lion d’Or par la poésie incarnée que sont les mots de Leblanc dans sa bouche : une grandiose finale pour une soirée qui pourrait autrement, de par son format conventionnel, sombrer dans la répétition et l’uniformité.

Là où l’événement perd de son panache, c’est dans sa structure répétitive, donc prévisible, et dans ses longueurs… Déception ici face à l’uniformité des nuances dans la lecture de Gabriel Robichaud qui offre au public une performance plutôt égale sur un ton révolté et à un fort volume d’un texte coécrit avec Jean-Philippe Raîche. Complètement aux antipodes côté intensité, Serge Patrice Thibodeau livre, plus tard dans la soirée, une performance s’étirant en longueur, heureusement colorée par des interventions musicales inventives de Bernard Falaise à la guitare.

Une question subsiste à la suite de cette soirée-hommage à Gérald Leblanc: comment pourrions-nous revisiter le format traditionnel des soirées de lecture avec musique de manière à créer un spectacle engageant et mémorable ? Une partie du problème se trouve peut-être dans la courte préparation habituellement dévolue à la mise en place d’un tel événement. Bien entendu, la rencontre spontanée entre plusieurs artisans des mots et des sons peut donner lieu à des moments d’abandon et de communion d’une force brute ou encore permettre l’expression d’une fragilité ou d’une vulnérabilité troublantes: lorsque des artistes improvisent sans filet, ils embrassent le risque, ils foncent, ils se font confiance, ils se livrent et s’accueillent. Or, dans ce cas-ci nous ne sommes pas dans l’improvisation pure: le matériau de base de chaque segment est déterminé par le choix du poème et de son interprétation par l’auteur. Des périodes de répétition et d’exploration plus longues entre les invités et les musiciens permettraient peut-être de dégager plus clairement les ambiances et les sonorités particulières des textes…

Malgré l’impact de l’œuvre de Leblanc en poésie francophone nord-américaine (en entrevue, Jean-Paul Daoust le compare à Miron), le Lion d’Or n’est pas plein ce soir. Face à la diminution de la fréquentation de spectacles en salle, les artisans de la scène se voient contraints de redoubler d’efforts pour attirer le public, et la soirée de poésie n’échappe pas à ce phénomène. Peut-être que l’intérêt de ce type d’événement passe obligatoirement par une réflexion et une refonte de son format de la part de ses principaux créateurs (poètes, musiciens et concepteurs), car il ne suffit plus de simplement enchaîner des rencontres pour orchestrer un spectacle au contenu substantiel. Gérald aurait dit : « Surprenez-moi »…

Finalement, le pari de L’Acadie n’est pas une carte postale est presque gagné: des thèmes chers à Leblanc (le voyage, la quête d’identité, le positionnement social) ont été soulignés par les auteurs invités afin de créer un hommage en tissant des ponts entre son œuvre et la poésie actuelle. Par contre, la partie « hommage » de la soirée, bien que très tangible dans l’animation de Jean-Paul Daoust, n’est distillée que par quelques rares commentaires de Fredric Gary Comeau et de Joseph Edgar. Elle ne prend tout son sens que durant la prestation de Marie-Jo Thério, qui partage avec le public quelques souvenirs personnels et émouvants qu’elle garde de l’homme. Cette disparité entre le contenu émotionnel de l’animation et les prestations d’auteurs crée un hiatus avec lequel le public doit composer pour se construire une image du poète. La soirée comporte par ailleurs des extraits d’ouvrages attendus de Georgette LeBlanc et Fredric Gary Comeau.

Gérald : ton legs artistique et personnel est si riche que nous nous réunirons encore souvent pour le souligner. À la prochaine, donc. See you next time.

[1] La trame sonore du court-métrage vient d’une captation live du spectacle Les Étoiles filantes présenté au Lion d’Or en 2004.

WEB

Dec 21, 2015
admin

Rapport résidence d’écrivain (2015)

La résidence d’écrivain au Département d’études françaises de l’Université de Moncton m’a permis de travailler sur mon projet « Formats », où l’architecture des formats d’images du cinéma et de la vidéo est utilisée comme outil de création. J’ai concentré la plus grande partie de mon travail d’écriture poétique à l’exploration de deux formats populaires : le format écran large (16/9) et le format historique de la télévision (4/3). De plus, j’ai eu l’occasion de participer à une série de rencontres avec la population universitaire.

Voici en résumé le retour sur ce qui a été réalisé.

Jeudi de la Librairie
La Librairie acadienne et le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les cultures en contact (GRICC) de la Faculté des arts et des sciences sociales m’ont invité au premier Jeudi de la Librairie de la saison 2015-2016, qui a eu lieu le 5 novembre à la Librairie acadienne du Campus de l’Université de Moncton de 16 h 30 à 18 h. Nicolas Nicaise, chargé de cours et doctorant au Département d’études françaises, animait la rencontre. Après la présentation j’ai fait la lecture de quelques textes.

Conférence + lancement
Le Département d’études françaises m’invitait à prononcer une conférence publique intitulée : « La poésie et la galère de notre temps ». La conférence a eu lieu le jeudi 3 décembre 2015 à 16 h, à la Librairie Acadienne, pavillon Taillon et a été suivi du lancement de mon nouveau livre intitulé L’Esprit du temps / The Spirit of the Time.

Résumé du livre
L’esprit du temps / The Spirit of the Time est un projet d’écriture sur la couleur. Le poète et essayiste utilise les cartes des échantillons de couleurs disponibles dans le commerce — les nuanciers de Benjamin Moore, Ralph Lauren, Behr, Earthpaint, Taubmans et d’autres — comme éléments de base pour créer une géopoésie de la ville de Sydney, en Australie.

Si la couleur est un élément de joie et de surprise, les noms inventés par les compagnies de peinture deviennent soudainement une surprise dans une surprise. En effet, que peut-on dire d’une société qui baptise ses couleurs de noms aussi évocateurs que Mur d’école, Étincelle d’amour ou Croûte de biscuit Graham? Quelque part, ces nouvelles appellations sont des reflets culturels, des images-miroirs de notre société. Elles expriment ce que nous sommes, maintenant, le Zeitgeist : l’esprit du temps.[1]

Citations gratuites
Le projet « Citations gratuites » était un jeu d’écriture basé sur le hasard qui a eu lieu à la Pavillon des Arts ainsi qu’à la Bibliothèque Champlain. (Le 26 novembre 2015 de 14 h à 15 h au Pavillon des Arts et le 10 décembre 2015 de 14 h à 16 h à l’entrée de la Bibliothèque Champlain). Les étudiants étaient invités dans un premier temps à choisir au hasard un de mes neuf livres de poésie. Ils devaient ensuite choisir une page du livre et finalement une strophe de cette page. L’extrait était retranscrit sur une carte de visite que je donnais à l’étudiant en lui suggérant de bien garder le papier dans son portefeuille comme un gage de succès pour la période des examens. Cet évènement-performance a eu lieu à deux reprises et m’a permis de rencontrer une centaine de personnes. Les strophes sélectionnées ont été utilisées pour reconstruire de nouveaux textes qui seront publiés sur mon blogue plus tard cette année.

Présentation – Le texte poétique
Le 16 novembre 2015
Le professeur Maurice Raymond m’a invité à faire une présentation dans la classe « LITT2403 – Le texte poétique ». La présentation, d’une heure et quart, était axée sur les rapports texte/image de mon livre « L’Esprit du temps / The Spirit of the Time ». J’ai lu des extraits du livre en plus de proposer une série de vidéo poèmes.

Addenda
Lors de ma résidence, deux évènements poétiques se sont ajoutés au calendrier.

Le 28 septembre 2015, je participais au spectacle « L’Acadie n’est pas une carte postale ». Cet hommage à Gérald Leblanc était présenté dans le cadre du Festival international de littérature à Montréal. Geneviève D’Ortun disait de ma présentation dans le webzine ASTHEURE : « La contribution originale de Daniel Dugas dans cet amalgame poétique vient quant à elle des montages audio-vidéo très réussis qui accompagnent ses lectures: les associations d’images proposées frappent l’imaginaire du public et fournissent à ses textes une nouvelle profondeur. »[2]

Enfin, le 12 décembre 2015, je participais au « 43 200 secondes » le marathon littéraire de la revue Ancrages.

Je remercie le Conseil des Arts du Nouveau-Brunswick et l’Université de Moncton pour cette opportunité.

Daniel H. Dugas
Le 1er février 2016

[1] Édition Prise de parole : L’esprit du temps / The Spirit of the Time http://www.prisedeparole.ca/titres-livre/?id=519
[2] Des voix de l’Acadie actuelle à l’Acadie n’est pas une carte postale : une décennie de mouvance poétique marquée par l’héritage de Gérald Leblanc – Geneviève D’Ortun : http://astheure.com/2015/11/27/des-voix-de-lacadie-actuelle-a-lacadie-nest-pas-une-carte-postale-une-decennie-de-mouvance-poetique-marquee-par-lheritage-de-gerald-leblanc-genevieve-d/

 

Nov 24, 2015
admin

Citations gratuites (2015)

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Flash-back
Alors que j’étais en résidence au Banff Center au début des années 1990, je me souviens d’avoir vu, dans un quartier Calgary, une enseigne qui disait FREE QUOTES. Après une année d’intensité créatrice, c’est la vie tout entière qui m’apparaissait comme un immense projet artistique. J’ai tout de suite pensé qu’il s’agissait de « citations gratuites ». Que les passants pouvaient, s’ils le voulaient, aller consulter le propriétaire de cet incroyable business pour se faire lire une citation d’un auteur ou d’un philosophe. En fait, l’enseigne appartenait à une compagnie d’assurance et les FREE QUOTES étaient en réalité des soumissions gratuites.

Retour au présent.
Dans le cadre de ma résidence d’écrivain à l’Université de Moncton, je me propose de réexaminer cette idée d’échange poétique. Je vais donc installer mon kiosque (une table et une enseigne avec les initiales ER – pas pour Emergency room ni pour Elizabeth Rex, mais plutôt pour Écrivain en Résidence) et inviter la population universitaire à venir me rencontrer et découvrir au hasard une phrase d’un de mes livres.

Le dialogue de ce petit jeu oulipien pourrait aller comme ça :

Moi (un peu comme un vendeur de hot-dogs dans un stade de baseball)
Est-ce que vous voulez une phrase gratuite?

Étudiant
(curieux)
Oui.

Moi
Choisissez un numéro de 1 à 8 (les 8 livres de poésie que j’ai publiés à ce jour)

Étudiant
7 (l’étudiant a choisi « Au large des objets perdus », 2011)

Moi
Choisissez maintenant une page de 1 à 86.

Étudiant
37

Moi
(je vais  donc à la page 37, compte les strophes et demande à l’étudiant)
Choisissez un numéro de 1 à 5

Étudiant
3

Moi
Voici votre phrase :

« la lumière entre
dans la caverne de mes pensées
les lanternes et les torches
dans les tunnels du sens »

Je retranscris la strophe sur une carte de visite que je donne à l’étudiant en lui suggérant de bien garder le papier dans son portefeuille comme un gage de succès pour la période des examens. J’en profite aussi pour annoncer ma conférence et le lancement de mon livre qui aura lieu le 3 décembre 2015.

________________________________________________

Pour plus d’information
Téléphone : (506) 858-4050

 

Sep 5, 2015
admin

Écrivain en résidence / Université de Moncton (2015)

Je serai écrivain en résidence au département d’études françaises de l’Université de Moncton du 8 septembre au 21 décembre 2015.

Cette résidence d’écrivain sera consacrée à « FORMATS » un projet d’écriture où l’architecture des formats d’images du cinéma et de la vidéo est utilisée comme outil de création.

Je serai à la disposition des professeurs et des étudiants, particulièrement en études françaises et des artistes qui fusionnent l’élément visuel avec le texte pour partager avec eux mon expérience d’écrivain/artiste.

Pour plus d’information :
Département d’études françaises
Téléphone : (506) 858-4050

 

V_MONCTON

Aug 28, 2015
admin

L’Acadie n’est pas une carte postale (2015)

Très content de faire partie de ce spectacle!

Festival international de la littérature (FIL)
Cabaret Lion d’Or

 

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« La contribution originale de Daniel Dugas dans cet amalgame poétique vient quant à elle des montages audio-vidéo très réussis qui accompagnent ses lectures: les associations d’images proposées frappent l’imaginaire du public et fournissent à ses textes une nouvelle profondeur.»

Des voix de l’Acadie actuelle à l’Acadie n’est pas une carte postale : une décennie de mouvance poétique marquée par l’héritage de Gérald Leblanc – Geneviève D’Ortun
27 novembre 2015

Nov 25, 2014
admin

International Film Poetry Festival (2014)

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International Film
Poetry Festival 2014
friday 28/11/2014 / starts 20.00


Video artists:

D.H Dugas CAN | M. Dickes USA | D. Wotton FR
M. Piatek POL | J. Solomko UKR | I. Shevchenko UKR
S. Wiegner GER. |
J. Brok & A.Marseille HOL 
T. Bentley UK | Visto Desde el Zaguán IRE
K. Polischuk UKR | MAI ΙT | Κ. Καρβέλη GR
A. Anderfuren HUNG | Γ.Πατεράκης GR | S. San GER
V. LeBlanc CAN | E.Tsymbalyuk UKR | E.Στάμου GR
M. Craven AUSTR | P. Gialis GR | L. Kalyadin RUS
N.Κωστόπουλος GR | M. Mullins USA
T. Granot ISR | Orquesta de Poetas SP
E. Al-Ansari UK | D. Dirgela LTH |V. Giourousis USA
P. Müller GER | M. Lland UK | Bobye FR
K. Sargent UK | D. Fiori & O. Pohankova AUS
I. Andreevski HOL | Θ. Σπυριδάκη GR | G. Pryor USA
Didi SUD | E. Vinogradova UKR | Θ. Πάνου GR
Aγγ. Φραντζής, Ν. Πάστρας GR | S. Brova, P. Lypa RUM
J. D. Scott USA | I. Oravin FNL | S. Samyi GER

programme: http://issuu.com/sissydoutsiou/docs/artists_2014/6?e=0%2F10281417


Performance:


Whitney Sparks (USA) | Iωάννα Λιούτσια


Live Concerts:

AΓΓΕΛΟΣ ΚΥΡΙΟΥ

PAN PAN

KTIΡΙΑ ΤΗ ΝΥΧΤΑ


Μulti Media Poetry Show:

T. Σαγρής | Σ. Δουτσίου | Γ. Ραουζαίος | 
Ο. Μπατάκης | Κ. Ζησάκη

Fr. Avenbach | Στ. Καλογήρου | 
I. Γαϊτανάρου | MattaBee

Πηνελόπη Δ. + TripmakerYoung | 
Δ. Αναλυτής | Xρ. Συριοπούλου

Soundtrack: 
Junior X . War

Visual Art: 

Void Optical Art Laboratory


Produced by

Void Network-Κενο Δίκτυο
http://voidnetwork.blogspot.com/ and
+the Institute [for Experimental Arts]
http://theinstituteinfo.blogspot.com/


Occupied theatre
EMBROS
R.Palimidou 2 Psiri.
athens. greece
FREE ADMISSION / EIΣΟΔΟΣ ΕΛΕΥΘΕΡΗ

The yearly International Film Poetry Festival will be held for third time in Greece on Friday 28/11/2014 2014 in Athens. Approximately 1000 people attended the festival last year.

There will be two different zones of the festival. The first zone will include video poems, visual poems, short film poems and cinematic poetry by artists from all over the world (America, Asia, Europe, Africa). The second zone will include cross-platform collaborations of sound producers and music groups with poets and visual artists in live improvisations.

The International Film Poetry Festival 2014 attempts to create an open public space for the creative expression of all tendencies and streams of contemporary visual poetry.

It is very important to notice that this festival is a part of the counter-culture activities of Void Network and + the Institute [for Experimental Arts] and will be non-sponsored, free entrance, non commercial and non profit event. The festival will cover the costs (2000 posters, 15.000 flyers, high quality technical equipment e.t.c.) from the incomes of the bar of the festival.

All the participating artists and the organizing groups will participate voluntary to the festival.

Void Network started organizing multi media poetry nights in 1990. Void Network and +the Institute [for Experimental Arts] believe that multi media Poetry Nights and Video Poetry shows can vibrate in the heart of Metropolis, bring new audiences in contact with contemporary poetry and open new creative dimensions for this ancient art. To achieve this, we respect the aspirations and the objectives of the artists, create high quality self organized exhibition areas and show rooms, we work with professional technicians and we offer meeting points and fields of expression for artists and people that tend to stand antagonistically to the mainstream culture.

 

Nov 15, 2014
admin

Vidéopoésie GSN (2014)

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La Galerie Sans Nom organise avec les commissaires Daniel Dugas et Valerie LeBlanc une exposition de vidéos poésie qui sera présentée du 20 mars au 1 mai 2015.

Les œuvres recherchées sont des poèmes sur écran où le texte, l’image et le son s’entremêlent. La durée des vidéos ne doit pas excéder 5 minutes. Les œuvres doivent avoir été réalisées après janvier 2013. Sans sous-titres si la langue originale du film est le français ou l’anglais. Avec des sous-titres en français ou en anglais pour les autres langues. Une courte biographie et un synopsis doivent accompagner chaque soumission. Les vidéos sont acceptées en ligne via DropBox ou Vimeo.

L’inscription est gratuite. Les artistes sélectionnés recevront des droits d’exposition suivant les normes du CARFAC.

Appel de dossier
Date limite: 15 décembre 2014

The Galerie Sans Nom is organizing a screening of videopoetry with the curators Daniel Dugas and Valerie LeBlanc. The exhibition will be presented from March 20 – May 1, 2015.

The work should be screen-based poems where the text, image and sound intermingle. The maximum duration of the work cannot exceed 5 minutes and must have been realized after January 2013. The works must be in either French or English. If the language in the video poem is other than French or English, the artist is required to submit a version that is subtitled in French or English.

All video poems must be received by the December 15 deadline through a file hosting service (Dropbox )or through Vimeo. A short artist bio and synopsis of the video poem must accompany each submission. No entry fee, CARFAC rates will be paid.

Call for submission
Deadline: December 15th, 2014

Daniel H. Dugas

Artiste numérique, poète et musicien, Daniel H. Dugas a participé à des expositions individuelles et de groupe ainsi qu’à plusieurs festivals et événements de poésie en Amérique du Nord, en Europe, au Mexique et en Australie. Everglades, coécrit avec Valerie LeBlanc, vient de paraître aux Éditions Prise de parole.

Daniel H. Dugas is a poet, musician, and videographer. He has participated in solo and group exhibitions as well as festivals and literary events in North America, Europe, Mexico and Australia. His tenth book of poetry, co-written with Valerie LeBlanc, Everglades has just been published by Les Éditions Prise de parole.

Everglades
À partir de leur exploration du parc national des Everglades, Daniel H. Dugas et Valerie LeBlanc cartographient dans cet essai poétique les effets de la présence humaine sur le milieu naturel, les traces qu’elle y dépose. Everglades est une ode à la beauté, à la fragilité et à la résilience d’une nature aux prises avec une espèce envahissante, la nôtre.

Everglades
Through their exploration of the Everglades National Park, Daniel H. Dugas and Valerie LeBlanc document, in this poetic collection, the effects of human presence in the natural world and the traces left behind. Everglades is an ode to the beauty, the fragility and the resilience of nature faced with the invasiveness of a particular species, ours.

Date : Mars 2018
Genre : Poésie
Collection : Poésie
ISBN : 9782897441029
Français/English

Éditions Prise de parole

http://www.prisedeparole.ca/auteurs/?id=1148

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